Accueil | Sport international | [Rugby] Johnny Sexton, un héritage lourd à porter

[Rugby] Johnny Sexton, un héritage lourd à porter


Sam Prendergast est le successeur de Jonathan Sexton. (Photo : afp)

À la barre du XV du Trèfle jeudi soir contre la France pour l’ouverture du Tournoi des Six Nations, Sam Prendergast va occuper la place d’une légende, Jonathan Sexton.

En prenant sa retraite, à 38 ans, le 14 octobre 2023, après une défaite sur le fil lors d’un quart de finale monstrueux contre les All Blacks (28-24), au Mondial en France, Johnny Sexton avait laissé un désert derrière lui au poste d’ouvreur.

Avec 118 sélections sous le maillot vert pour l’ouvreur du Leinster, ses concurrents n’avaient eu que des miettes à se mettre sous la dent : 23 apparitions pour Ross Byrne, alors son coéquipier au Leinster, 13 apparitions pour Jack Crowley, le n° 10 du Munster, 25 pour Paddy Jackson (Ulster), ou 38 pour Joey Carbery, un ancien du Leinster et du Munster aujourd’hui à l’UBB. Sam Prendergast, n’avait encore porté que le maillot des U20.

«En fait, à chaque fois qu’il était disponible, Sexton jouait, et 80 minutes le plus souvent», rappelle Noel McNamara, ex-professeur de mathématiques devenu ensuite sélectionneur des moins de 20 ans irlandais avant de diriger aujourd’hui les lignes arrières de Bordeaux-Bègles. Résultat, les autres n’avaient pas de temps de jeu pour progresser.

«Le premier défi du système du rugby irlandais, c’est qu’il n’y a plus que quatre équipes, les provinces (NDLR : Leinster, Munster, Ulster et Connacht), et donc seulement quatre possibilités de former un demi d’ouverture», poursuit le technicien bordelo-béglais pour expliquer le vide derrière Sexton.

«Or c’est ça la clé pour un 10 : tu dois jouer, faire des matches, il te faut du temps en selle, de l’expérience, des bons jours et des jours difficiles. Quand Johnny avait 21 ou 22 ans, il jouait en club, il n’y avait pas que les provinces, et à l’époque c’était Felipe Contepomi l’ouvreur du Leinster et Ronan O’Gara le 10 de l’Irlande. Résultat : il a eu le temps d’apprendre et de se développer.»

«Un grand défi»

Après le règne de l’ogre Sexton, ils sont trois à relever le gant et briguer sa succession : Sam Prendergast (22 ans, 13 sélections), Jack Crowley (26 ans, 30 sélections) et Harry Byrne (26 ans, 4 sélections), le petit frère de Ross, également ouvreur au Leinster et auteur de la pénalité de la gagne à la dernière seconde contre La Rochelle (25-24) en Champions Cup le 10 janvier.

Pour le technicien de l’UBB, cette nouvelle compétition pour le poste de 10 au sein de l’équipe d’Irlande ne pourra être que bénéfique pour l’équipe d’Andy Farrell : «C’est la concurrence qui permet de sortir le meilleur de soi-même», insiste-t-il, rappelant combien Sexton a bénéficié de sa lutte avec O’Gara à son arrivée, comme auparavant entre O’Gara et David Humphreys ou encore avant entre Ollie Campbell et Tony Ward.

Mais l’entraîneur irlandais de rappeler que même sans Sexton, le rugby irlandais sait gagner, avec la victoire du XV du Trèfle lors du Tournoi 2024 et du Munster puis du Leinster lors des championnats URC 2023 et 2025.

«Alors oui c’est un grand défi de remplacer quelqu’un du niveau de Sexton, recordman du nombre de points marqués dans le Tournoi des Six Nations (566 pts), reconnaît Noel McNamara : «Et personne ne se détache vraiment» parmi ses successeurs, poursuit-il, soulignant les failles de Crowley face aux poteaux et de Prendergast en défense.

«La seule garantie avec un jeune n° 10, c’est qu’il va faire des erreurs, et cela fait partie de l’apprentissage. Mais c’est certain que c’est plus difficile de faire cet apprentissage sous le maillot de l’équipe d’Irlande. Idéalement cet apprentissage devrait se faire au niveau du club ou en sortant du banc des remplaçants, dans des matches où l’enjeu est moindre.»

Pour Prendergast, ce fameux apprentissage va donc se poursuivre jeudi au Stade de France, face à Matthieu Jalibert, le chef d’orchestre de l’UBB. Un duel qui promet, entre deux joueurs au profil offensif.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.