L’actuel Premier ministre n’a pas tardé à réfuter tout lien avec Jeffrey Epstein, le financier américain condamné pour trafic sexuel de mineures et mort en prison en 2019. Il est, après Jean Asselborn, le second politicien luxembourgeois dont le nom se retrouve dans les «Epstein Files».
Plus concrètement, Luc Frieden est mentionné dans deux e-mails envoyés, courant 2014, par Ariane de Rothschild à Jeffrey Epstein. Nos confrères de RTL ont déniché les documents en question.
Le 26 février 2014, l’actuelle directrice générale de la banque Edmond de Rotschild informe le financier américain qu’elle compte se rendre le lendemain au Luxembourg pour déjeuner avec Luc Frieden, alors actif dans la finance privée, après avoir quitté la politique fin 2013. «Tu as un avis sur lui?», demande la signataire du mail à Jeffrey Epstein. Aucune réponse n’apparaît dans les documents.
Le 18 juin 2014, Ariane de Rothschild informe Jeffrey Epstein qu’elle a rencontré Luc Frieden la veille. Il se serait dit intéressé à rejoindre le conseil d’administration (de la banque Edmond de Rothschild?), mais se trouverait aussi en négociation avec la Deutsche Bank. L’ancien ministre des Finances a occupé entre septembre 2014 et mars 2016 le poste de vice-président de Deutsche Bank Group à Londres.
Les mails ne précisent pas quel aurait pu être l’intérêt de Jeffrey Epstein à être en relation avec Luc Frieden.
Lundi, le ministère d’État a souligné que le Premier ministre n’a pas connu ou rencontré le financier américain, ni échangé avec lui.
Fin décembre, le nom de Jean Asselborn avait été repéré dans les «Epstein Files». Il figurait sur une liste d’invités d’une réunion à laquelle était aussi convié Jeffrey Epstein. L’ancien ministre s’est montré très ferme : «Je n’ai rien à voir avec cette affaire. Je n’ai jamais vu ce type.»