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États-Unis : onde de choc mondiale dans l’affaire Epstein


Une masse inédite de documents relance l'intérêt mondial autour de l'affaire Epstein. (Photo : afp)

Trois millions de documents judiciaires liés à l’affaire Epstein ont été révélés samedi par le ministère de la Justice américain, dévoilant les liens compromettants de nombreuses personnalités mondiales avec le criminel sexuel.

Puissant financier américain, Jeffrey Epstein a été arrêté et accusé en 2019 d’avoir organisé un réseau de trafic de mineures. Sa mort en prison la même année, avant son procès, a laissé de nombreuses zones d’ombre. Toujours est-il que des noms de personnalités liées à Jeffrey Epstein apparaissent au grand jour grâce à la diffusion de trois millions de pages, dont près de 2 000 vidéos et 180 000 images, révélées samedi par les autorités américaines.

Parmi les plus célèbres mentions se trouve Donald Trump pour qui le FBI possède une liste d’allégations d’agressions sexuelles dont beaucoup provenaient d’appels anonymes et d’informations non vérifiées. Néanmoins, le document suggère que les enquêteurs ont donné suite à certaines de ces informations.

Tandis que le ministère de la Justice a réitéré dimanche qu’il n’entend pas lancer de nouvelles poursuites dans l’affaire, les internautes, eux, continuent d’éplucher la masse de documents à la recherche de noms.

«À condition que tu amènes ton harem!»

Outre le président américain, on trouve par exemple le nom de Bill Gates. Dans un brouillon, Jeffrey Epstein avait écrit qu’il allait permettre d’aider le cofondateur de Microsoft «à trouver de la drogue, afin de faire face aux conséquences du sexe avec des filles russes, à faciliter des rendez-vous illicites avec des femmes mariées.»

Le milliardaire britannique Richard Branson, cofondateur de Virgin Group, est aussi cité. Dans un email envoyé à Jeffrey Epstein en 2013, il l’invite à se revoir, «à condition que tu amènes ton harem!». Elon Musk, autre milliardaire, apparaît également dans de nombreux échanges de mails, dont un où il demande en 2012 au criminel sexuel : «Quel jour ou soirée aura lieu la fête la plus déjantée sur ton île?».

La famille royale britannique est aussi concernée, puisque l’ancien prince déchu Andrew, frère du roi Charles III, est mentionné. Déjà tombé en disgrâce pour son amitié avec Jeffrey Epstein, il a de nouveau été mis en cause à la suite de nouvelles photos qui le montrent à quatre pattes au-dessus d’une femme allongée et d’emails invitant l’homme d’affaires américain à venir parler en privé à Buckingham. Une deuxième accusatrice de Jeffrey Epstein a affirmé avoir été envoyée en 2010 au Royaume-Uni pour avoir des relations sexuelles avec le prince déchu.

Déjà éclaboussée par le jugement pour viols à l’encontre de son fils, la princesse Mette-Marit, future reine de Norvège, apparaît au moins mille fois selon le journal norvégien Verdens Gang.

Des excuses et démission

Au milieu des communiqués de personnalités niant toute implication, certains ont, eux, assumé leur mention dans les documents révélés. C’est notamment le cas de Casey Wasserman, président du comité d’organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, qui a présenté ses excuses publiquement pour avoir échangé des emails compromettant avec Ghislaine Maxwell, laquelle purge une peine de 20 ans de prison pour avoir aidé Epstein à recruter des prostituées mineures.

En Slovaquie, le Premier ministre Robert Fico a annoncé samedi avoir accepté la démission de son conseiller Miroslav Lajčák, ancien ministre des Affaires étrangères du pays accusé d’avoir discuté avec le criminel sexuel américain. D’après un échange de SMS consulté par la BBC, datant de 2018, Jeffrey Epstein promettait des femmes à Miroslav Lajčák, à l’époque chef de la diplomatie slovaque.

En décembre dernier, des documents avaient déjà été publiés, dont des photos de l’ancien président démocrate Bill Clinton, en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés. Alors que l’intéressé a toujours nié avoir eu connaissance des crimes du financier, une commission du Congrès américain a voté, le 21 janvier, une procédure contre Hillary Clinton et lui pour entrave au Congrès. Le couple avait refusé de se présenter à une audition dans le cadre d’une enquête parlementaire sur l’affaire.

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