Robert Biwer et Claudine Felten, respectivement président et directrice de natur&ëmwelt, détaillent les enjeux de la restauration de la biodiversité au Luxembourg, de la priorisation des biotopes à la nécessaire collaboration avec les agriculteurs.
Acteur majeur de la protection de l'environnement au Grand-Duché, natur&ëmwelt accompagne depuis des décennies les politiques de conservation de la biodiversité. Son président et sa directrice reviennent pour nous sur l’année écoulée et les espoirs portés pour les mois à venir. Le Luxembourg avance, à petits pas, mais doit encore mieux faire. Un rapport du Statec publié en décembre dernier révèle qu’aucune rivière luxembourgeoise n’est en bon état écologique. Comment réagissez-vous face à cet état des lieux catastrophique? Peut-on inverser cette tendance? Robert Biwer : La question est plutôt de savoir pour quelles raisons nous n’avons pas réussi à assainir tous nos plans d’eau jusqu’ici. Je crois qu’il faut surtout travailler sur la biologie, la biodiversité. Une biodiversité intacte est déjà en grande partie une garantie pour une rivière saine. Claudine Felten : Le gouvernement a pris conscience du problème... un peu tard. Il y a eu des projets de renaturation des cours d’eau, c’est bien, mais il reste encore beaucoup à faire. Peut-être n’y avait-il pas assez de volonté aussi? Dans une précédente interview pour Le Quotidien, vous aviez souligné que la «conservation de la nature n’est pas prioritaire dans les décisions des gouvernements». Maintenez-vous cette position? R. B. : Nous sommes frustrés de voir que la protection de la nature, placée en première position des priorités majeures par les politiques et la société il y a quelques années, retombe aujourd’hui en 8ᵉ ou 9ᵉ position. C’est compréhensible avec les ...Cet article est réservé aux abonnés.
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