Les faits survenus mardi sont rares au Luxembourg. Heureusement. Le caractère exceptionnel de l’attaque mortelle au couteau peut expliquer des manquements au niveau de la communication. Expliquer oui, mais pas forcément excuser. Au départ, les forces de l’ordre ont annoncé que deux femmes avaient été blessées au Limpertsberg, avant de lancer une appel aux automobilistes de ne pas prendre de passager dans les environs de Bridel. En fin d’après-midi, la police a fini par révéler que les deux interventions étaient liées. Un bref bulletin reprenait des premiers éléments concrets sur la tragédie qui s’est jouée dans ce quartier de la capitale : une des deux femmes est décédée, l’autre a été grièvement blessée. Un suspect a pu être interpellé.
Mardi, le parquet est resté muet. Une attitude quelque peu surprenante au regard de la gravité des faits, mais aussi de la communication plus ouverte et plus transparente instaurée depuis la prise de fonction de John Petry comme nouveau procureur général d’État. Durant plusieurs heures, les rumeurs sont allées bon train et certaines informations ont filtré par d’autres canaux. Nos confrères du Républicain lorrain ont ainsi eu connaissance que la victime mortellement blessée était originaire de Moselle Nord. Il a fallu attendre mercredi après-midi pour voir le parquet livrer de plus amples détails. Un deuxième communiqué officiel est tombé jeudi soir. Le tir a donc été rectifié.
En matière pénale, la prudence de la justice est compréhensible. Le secret de l’instruction doit être respecté, notamment pour éviter de fragiliser une enquête en cours. Mais l’absence de communication officielle peut précisément favoriser les fuites qui risquent de nuire au travail du juge d’instruction et de la police judiciaire. Mieux vaut donc communiquer en temps et en heure, dans la plus grande transparence possible. C’est précisément dans cet esprit qu’il convient de saluer la nouvelle stratégie de communication impulsée par le nouveau procureur général d’État. Les temps ne sont pas si lointains où, deux jours après les faits, l’on en saurait bien moins sur un incident d’une telle gravité.