Après les tensions provoquées par les ambitions de Donald Trump, le Danemark et les États-Unis ont entamé des discussions techniques sur l’avenir stratégique du Groenland où le roi Frederik X se rendra en février.
Le ministre des Affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, s’est dit jeudi un peu «plus optimiste» après le lancement de discussions techniques avec les États-Unis au sujet du Groenland, où le roi du Danemark va se rendre en février. «Nous avons tenu hier (mercredi) à Washington la toute première réunion au niveau des hauts fonctionnaires concernant la question groenlandaise», a-t-il déclaré à des journalistes, avant le début d’une réunion des chefs de la diplomatie de l’UE à Bruxelles.
Les choses ne sont «pas réglées», mais «cela s’est bien passé, dans une atmosphère et un ton très constructifs». «Je suis légèrement plus optimiste aujourd’hui (jeudi) qu’il y a une semaine», a-t-il encore assuré. Ces pourparlers entre le Danemark, le Groenland et les États-Unis interviennent après que le président américain, Donald Trump, a renoncé à s’emparer par la force de ce territoire arctique, sous souveraineté du Danemark, pays membre de l’UE et de l’OTAN.
Un accord encore flou
Le dirigeant américain a toutefois indiqué avoir conclu un accord-cadre concernant le Groenland avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, la semaine dernière, en marge du Forum économique mondial de Davos en Suisse. Peu de détails concrets ont filtré sur le contenu de cet accord. Le Danemark et le Groenland ont jusqu’à présent refusé tout transfert de souveraineté, affirmant que ce territoire arctique n’était pas non plus à vendre.
«Je l’ai déclaré à de nombreuses reprises, nous partageons bien sûr les préoccupations de sécurité des États-Unis concernant l’Arctique et c’est une question que nous voulons résoudre en coopération étroite», a assuré Lars Lokke Rasmussen.
L’envoyé spécial américain pour le Groenland, le gouverneur de la Louisiane Jeff Landry, a, lui, indiqué que les détails de l’accord cadre «sont en cours d’élaboration, mais le cadre s’appuie sur les accords de défense conclus entre les États-Unis et le Danemark en 1941 et 1951 et renforcerait la sécurité des États-Unis, de l’OTAN et du Groenland».
L’accord «élargirait la liberté opérationnelle des États-Unis, soutiendrait la création de nouvelles bases et infrastructures, faciliterait le déploiement de systèmes avancés de défense antimissile tels que le Golden Dome (NDLR : projet de bouclier antimissiles) et évincerait l’influence hostile de la Chine et de la Russie», écrit-il dans une tribune publiée par le New York Times.
Le roi Frederik X bientôt sur place
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’est de son côté dit confiant mercredi qu’une solution satisfaisante pour «tout le monde» pourrait être trouvée sur le Groenland. De son côté, le roi du Danemark, Frederik X, a annoncé jeudi qu’il allait se rendre au Groenland du 18 au 20 février.
«Nous sommes profondément solidaires de ce que vit le peuple groenlandais et nous sommes très touchés par ce qui se passe au Groenland en ce moment, ces dernières semaines», a dit le souverain lors d’un déplacement en Lituanie. «À travers la presse, on peut voir et sentir que les gens ont été très inquiets (…), c’est clair que cela nous préoccupe tous les deux», a-t-il ajouté en référence à sa femme, la reine Mary.
Donald Trump affirme régulièrement que le contrôle du Groenland est indispensable à la sécurité des États-Unis et accuse le Danemark et plus largement les Européens de ne pas agir pour protéger correctement ce territoire stratégique des appétits des rivaux russes et chinois.