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Iran : face à la répression, l’UE durcit le ton


L'Union européenne a décidé de qualifier les gardiens de la révolution comme une organisation terroriste. (Photo : afp)

À la suite de la répression sanglante des contestations en Iran, l’Union européenne a officiellement classé les gardiens de la révolution comme organisation terroriste. Téhéran promet une réponse.

Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord jeudi pour désigner les gardiens de la révolution comme une «organisation terroriste», après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas.

«La répression ne peut rester sans réponse», a-t-elle indiqué sur le réseau social X, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. «Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte», a-t-elle ajouté. Dans la foulée, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué cette décision. Sur X, la cheffe de l’exécutif européen a déclaré : «Terroriste, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang».

Pluie de sanctions contre le régime

Cette décision ne fait que renforcer la pression de l’UE sur l’Iran. Lundi aussi, des sanctions ont été annoncé contre plusieurs responsables iraniens. Parmi eux, le ministre de l’Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des gardiens de la révolution, accusé d’avoir orchestré la répression de la contestation en janvier, qui a fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne. Tandis que les Européens lient leurs sanctions à la répression de la contestation, le président américain, Donald Trump, lui, a centré ses dernières menaces d’intervention militaire sur le dossier du nucléaire iranien, sans mentionner la situation intérieure en Iran.

Réclamant un accord, il a averti mercredi sur son réseau Truth Social que le «temps était compté» avant une éventuelle attaque américaine, «pire» que celle menée en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Une «riposte écrasante» annoncée

Face à ces menaces, l’Iran multiplie les déclarations belliqueuses et s’affiche inflexible, puisque la décision de l’UE est une «erreur stratégique majeure» selon Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne. Ce dernier affirmait mercredi que les forces armées avaient «le doigt sur la gâchette», tandis que le chef de l’armée Amir Hatami a, lui aussi promis, une «riposte écrasante» en cas d’attaque et annoncé avoir doté les régiments de combat de 1 000 drones.

L’Iran a notamment menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Au sein du pays, le quotidien Kayhan proche du pouvoir a affirmé jeudi dans un éditorial que «fermer le détroit relève du droit de la République islamique d’Iran».

Téhéran avait aussi mis en garde contre des «conséquences destructrices» si l’UE inscrit les gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes, même si cette décision pourrait cependant n’avoir qu’un impact limité, les gardiens faisant déjà l’objet de sanctions européennes.

La voie diplomatique encore possible?

Malgré ce contexte, les voies diplomatiques ne semblent toutefois pas encore épuisées. Abbas Araghchi a notamment mené des tractations avec les pays du Golfe, opposés à une intervention américaine.

Le chef de la diplomatie iranienne se rend ce vendredi en Turquie, pays souhaitant jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington et également opposé à une intervention militaire américaine. Moscou, de son côté, a estimé que le potentiel de négociations était «loin d’être épuisé», appelant «toutes les parties à la retenue».

De leur côté, les ONG publient leurs derniers bilans sur la violente répression qui s’est abattue sur les manifestants en janvier font état de milliers, voire de dizaines de milliers de morts. D’après l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, 6 373 personnes, dont 5 993 manifestants, ont été tuées durant le mouvement de contestation, 11 018 gravement blessées et 42 486 arrêtées.

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