Un vent glacial souffle sur le Minnesota. Sur les corps et dans les esprits. Les excès de la police fédérale luttant contre l’immigration clandestine, la désormais tristement célèbre ICE, ont plongé la «petite» ville américaine de Minneapolis, comptant un peu moins de 500 000 habitants, dans la crise. Deux morts, des descentes qui n’en finissent pas, des familles d’immigrés clandestins obligées de se cacher ou de fuir les hommes cagoulés : les images sont terribles. Elles sont pourtant celles qu’attend une grande partie de l’électorat qui a voté pour Donald Trump. L’outrance du président américain s’applique aussi sur le terrain, pour le plus grand plaisir d’une majorité d’Américains, semble-t-il. Malgré la contestation qui monte, malgré les bavures.
Le républicain fait finalement ce qu’il a promis, dans toute sa violence, dans toute sa démesure. Les voix commencent à s’élever, comme celles des anciens présidents démocrates Clinton, Obama ou Biden. Mais elles sont étouffées, il faut bien le dire, par toutes celles qui acceptent ce type d’intervention dans le Minnesota, État qui est loin d’abriter le plus de clandestins, mais qui a le malheur d’avoir élu un gouverneur du mauvais parti. Ne nous y trompons pas : c’est de là que vient l’acharnement de Donald Trump, ses sorties verbales, sa haine qui s’exprime sur les réseaux sociaux. Ceux qui semblent avoir mal voté vont en payer le prix. Et cela va durer encore trois ans… voire plus.
Le locataire de la Maison-Blanche a transformé la fameuse police fédérale ICE en police de son propre pouvoir. Le glissement est dangereux, mais Trump l’assume parfaitement. En plus de la division créée lors de la campagne électorale et avec ses différentes actions, le milliardaire transforme son pays en espace de division. Qui est le bon Américain? Qui est le mauvais? Qui est dans le bon camp? Qui est l’adversaire, ou devrait-on dire l’ennemi? La société américaine était déjà clivée, un gouffre se creuse dans la population. Sera-t-il comblé à un moment donné? Impossible d’y croire quand on regarde les nouvelles venant de l’autre côté de l’Atlantique.