Avec dix nominations, Nouvelle Vague, déclaration d’amour au mouvement qui révolutionna le cinéma, fait la course en tête aux César. Malgré sa Palme d’or, Un simple accident doit se contenter de deux.
Tourné en noir et blanc et en français, ce film est nommé dix fois, notamment pour meilleur film et meilleure réalisation, et fait revivre plusieurs figures mythiques du cinéma français comme Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Jean-Paul Belmondo. Richard Linklater, figure du cinéma indépendant américain (Boyhood), y suit les premiers pas du réalisateur sur le tournage d’À bout de souffle, chef-d’oeuvre du 7e art tourné en 1959 en vingt jours et avec une ébauche de script. Pour son premier rôle au cinéma, Guillaume Marbeck, qui joue le jeune Godard, est nommé pour le César du meilleur espoir masculin.
Trois autres films suivent avec huit nominations et abordent la cérémonie du 26 février à l’Olympia en position de force : L’Attachement, de Carine Tardieu, permet notamment à Valeria Bruni-Tedeschi et Pio Marmaï d’être tous les deux nommés pour le César de la meilleure actrice et du meilleur acteur. Dominik Moll et son Dossier 137, sur une enquête de la police des polices sur une bavure policière en marge d’une manifestation de gilets jaunes, est également plébiscité par les professionnels (meilleur réalisation et meilleur film notamment), tout comme L’Inconnu de la Grande Arche, de Stéphane Demoustier.
Un film, trois seconds rôles
Ce film sur le destin méconnu de l’architecte danois qui conçut ce bâtiment emblématique du quartier d’affaires de La Défense dans les années 1980 décroche de nombreuses nominations dans les catégories d’interprétation. Claes Bang, acteur danois qui interprète le rôle de Johan Otto von Spreckelsen, l’architecte consumé par le chantier pharaonique de l’Arche, est nommé pour le César du meilleur acteur. Trois autres acteurs du film le sont pour celui du meilleur second rôle : Swann Arlaud, qui incarne l’architecte français Paul Andreu, Xavier Dolan en conseiller culture du président de la République, et Michel Fau en François Mitterrand monarque bâtisseur.
Sensation au dernier festival de Cannes, La Petite dernière de la réalisatrice Hafsia Herzi récolte six nominations, dont celle de meilleure espoir pour sa jeune actrice Nadia Melliti, qui campe une musulmane déchirée entre sa foi et l’éveil de son désir pour les femmes. Ce tout premier rôle lui a valu le prix d’interprétation féminine sur la Croisette. Palme d’or lors du dernier festival de Cannes, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger et du meilleur scénario original, et coproduction du Luxembourg, Un simple accident de l’Iranien Jafar Panahi ne récolte que deux nominations, dont une pour meilleur film.
Jim Carrey à l’honneur
Acteur très populaire mais jamais nommé jusqu’à présent, Franck Dubosc aura l’occasion d’être distingué pour la première fois aux César, grâce à son film Un ours dans le Jura, pour lequel il est nommé dans la catégorie du meilleur scénario original. Le film d’animation Arco de Ugo Bienvenu, sélectionné aux Oscar dans la catégorie meilleur film d’animation, récolte quatre nominations, tout comme deux autres premiers films : Nino de Pauline Loquès et Partir un jour d’Amélie Bonnin.
En revanche, deux grosses productions françaises de l’année sont mal loties. Chien 51 de Cédric Jimenez est nommé deux fois dans des catégories techniques, et 13 jours et 13 nuits, sur l’évacuation de l’ambassade de France à Kaboul en 2021 lors de la prise de pouvoir des Talibans, ne récolte qu’une seule nomination. La 51e cérémonie des César sera présidée par Camille Cottin et présentée par Benjamin Lavernhe. L’acteur américain Jim Carrey sera lui distingué par un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.