L’avocat du chirurgien soupçonné d’opérations non nécessaires demande à la ministre de la Santé, Martine Deprez, de revenir sur la restriction visant le Dr Philippe Wilmes. Son identité est révélée dans une lettre adressée à Martine Deprez.
Le 20 janvier dernier, nos confrères de RTL ont annoncé la suspension provisoire d’un chirurgien pratiquant aux hôpitaux Robert-Schuman (HRS). Le médecin fait face à de graves accusations formulées par six médecins du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL). Il aurait pratiqué des reconstructions du ligament croisé antérieur, alors que, dans plusieurs cas, le ligament était intact. Les patients concernés auraient ensuite été pris en charge au CHL.
Dans un communiqué signé par son avocat, diffusé le 23 janvier, le médecin spécialiste en orthopédie conteste les griefs portés à son encontre qui ne se fonderaient que sur des accusations «dénuées de toute précision factuelle et ne permettant ni l’exercice effectif des droits de la défense ni un examen contradictoire digne de ce nom».
Lundi, l’avocat a transmis aux rédactions du pays une lettre adressée à la ministre de la Santé, Martine Deprez. Dans cette missive est aussi révélée l’identité du chirurgien. Il s’agit du Dr Philippe Wilmes, ancien vice-président de l’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) et un des deux initiateurs de la contestée «Findel Clinic», qui propose à des médecins de louer des cabinets dans un bâtiment situé près de l’aéroport de Luxembourg.
Il se serait «livré à des mutilations»
Me Prum attaque de front la ministre Deprez, à laquelle est reprochée d’avoir pris une «décision illégale» qui «porte un préjudice grave et définitif» au Dr Wilmes. Elle se serait basée sur de «simples dénonciations anonymes particulièrement graves» d’après lesquelles le chirurgien «se serait livré à des mutilations». L’avocat dénonce également des «irrégularités formelles» commises par le Collège médical, à la base de la demande de suspension, datant du 16 décembre dernier.
L’avocat renvoie vers la décision du parquet de ne pas engager de poursuites pénales contre le chirurgien, «faute d’éléments concrets et objectifs». La justice aurait aussi pleinement respecté la présomption d’innocence, au contraire d’autres acteurs. Il n’y aurait «ni péril en la demeure ni risque pour la santé publique», conditions requises pour prononcer une suspension temporaire d’exercer.
Dès lors, Me Prum exhorte la ministre de la Santé à «lever avec effet immédiat la suspension».
La Fédération des hôpitaux (FHL) souligne dans le contexte de cette affaire plusieurs principes fondamentaux qui doivent être respectés : la sécurité des patients, la protection des patients et la présomption d’innocence. «En défendant simultanément le principe de précaution, la liberté thérapeutique et la responsabilité des établissements, la FHL réaffirme sa volonté de promouvoir une culture de sécurité et de qualité des soins, fondée sur la transparence, la collégialité et le respect de tous les acteurs du système de santé», souligne un communiqué, diffusé lundi soir.
De son côté, la députée Djuna Bernard (déi gréng) insiste auprès du président de la Chambre pour convoquer d’urgence une réunion de la commission de la Santé. «Dans un souci de transparence et de confiance dans notre système de santé, il est nécessaire de faire rapidement toute la lumière sur cette affaire», souligne l’élue dans une publication sur Facebook.