Énorme recrutement hivernal du Progrès, l’ancien pro du FC Metz, parti du CSKA Sofia très agacé, peut-il révolutionner le jeu niederkornois?
Comment et pourquoi le Progrès?
Thibaut Vion : Il y a eu plein de petites choses réunies. Déjà à l’été, mon agent était en contact à la suite de ma résiliation au CSKA Sofia, mais au Luxembourg, les règles, assez strictes, sont parfois compliquées. Finalement, on s’est dit qu’on pourait faire ça à l’été 2026, mais quand j’avais Vivian (Reydel) au téléphone, il me disait que si on pouvait avancer ça à l’hiver, ce ne serait pas plus mal.
C’est long, quatre mois sans club?
C’est une question de confiance en soi. J’avais déjà connu ça en quittant Niort au moment du covid et alors que je devais signer en Angleterre, à Hull. Cela avait duré moins longtemps, cela dit. Mais là, j’aurais dû résilier plus tôt au CSKA Sofia. Parce que se voir annoncer le 20 août que cela sera compliqué d’avoir du temps de jeu et devoir résilier quelques jours plus tard, ce n’est pas l’idéal pour retrouver un club…
Mes prétentions salariales étaient beaucoup plus élevées que ce que le Progrès pouvait offrir, mais on a tous fait des compromis
Il s’est passé quoi, le 20 août?
Cela faisait cinq ans que j’étais au club, j’entamais ma sixième année. La saison précédente, je l’avais finie en tant que capitaine, mais on avait perdu la finale de la Coupe et on s’était ratés aux play-offs pour jouer la Conference League. Bref, on a échoué sur les deux tableaux. Tout l’organigramme change, on reprend par le stage de deux ou trois semaines, et là, le nouveau coach commence à envoyer des joueurs en réserve, dont Mica Pinto! Puis il vient me voir après deux premiers matches durant lesquels je suis titulaire, pour me dire qu’avec lui je n’aurai pas le temps de jeu que j’espère, mais que par égard pour mon passé au club, il ne me mettrait pas en équipe B. C’est comme ça, dans les pays de l’Est, on passe de tout rose à rien en un claquement de doigts.
Qu’avez-vous répondu à votre coach?
Qu’en cinq ans, j’avais connu 14 coaches différents. Là-bas, il suffisait qu’il perde un match pour qu’il soit remplacé. Mais que chacun de ces 14 coaches m’avait fait jouer. Venant de lui, c’était d’autant plus curieux qu’il avait entraîné d’autres clubs de D1 bulgare, que je l’ai affronté souvent et qu’il me connaissait. Bref, j’ai conclu en disant que, peut-être, le problème ne venait pas de moi. Ça l’a vexé. Je lui ai conseillé de faire remonter l’info en plus haut lieu et qu’on trouverait une solution.
Cela coûte cher, un joueur de 32 ans seulement, à plus de 350 matches en professionnel?
(Pas gêné par la question) Il faut être clair. Ici, je n’aurais jamais eu les conditions qui étaient les miennes auprès d’un club pro au sortir du CSKA. Vous pouvez demander à mes dirigeants : mes prétentions salariales étaient beaucoup plus élevées que ce que le Progrès pouvait offrir, mais on a tous fait des compromis. N’oubliez pas qu’ici, je suis chez moi. J’ai une maison à Metz et c’est aussi pour le confort de vie que je le fais.
Quel est le projet?
Je connais la situation du club. Je sais qu’il s’agit d’une saison de transition, mais cela n’empêche pas de viser haut. L’objectif, c’est de faire le mieux possible avant de repartir sur une page blanche la saison prochaine.
Connaissez-vous un peu ce championnat?
Je vais être honnête : je connaissais quelques joueurs du Progrès, mais la BGL Ligue, non. Je ne m’y étais jamais intéressé, il me faudra quelques matches.
Je parle encore quasi couramment portugais. On ne pourra pas m’avoir là-dessus!
Rien d’effrayant pour quelqu’un qui a été international espoirs français et aura l’étiquette du gars qui a joué avec Paul Pogba…
En foot, ça ne marche pas comme ça et un joueur de Ligue 1 ne se balade pas forcément quand il redescend en National 1. Je ne vais pas marcher sur tout le monde. Oui, j’arrive peut-être avec un peu plus d’expérience que pas mal de joueurs, et ça c’est une vérité, mais cela ne fait pas tout et ce n’est pas pour ça que je serai au-dessus du lot.
Vous avez débuté avant-centre à Metz, évoluiez latéral au CSKA… Quel profil de joueur Niederkorn a-t-il recruté?
Je vous l’ai dit, j’ai connu 14 coaches différents en Bulgarie en seulement cinq ans. Dans ces conditions, c’est dur de conserver tout le temps le même système. J’ai dû m’adapter. J’ai joué piston, j’ai joué défenseur. À gauche. À droite. J’ai même fait une saison complète dans l’entrejeu. Metz et ce poste d’avant-centre, cela fait plus de dix ans et si j’arrive au Progrès, c’est pour jouer au milieu.
Cela parle pas mal portugais sur le terrain, au Grand-Duché. On pourra vous piéger sur la communication, où vos années à Porto font que vous comprendrez tôt si vous êtes confronté à des consignes passées en lusitanien?
(Il sourit) Oui, je le parle encore quasi couramment. Parce qu’après quatre années à Porto, je me suis aussi retrouvé à Sofia avec beaucoup de Portugais et Brésiliens. On ne pourra pas m’avoir là-dessus!
Sur votre compte WhatsApp, votre photo de profil reste une photo de vous sous le maillot de Sofia. Combien de temps cela prend-il avant de faire le deuil?
(Surpris) Franchement, je ne le savais même pas. Je ne suis pas trop du genre réseaux sociaux. Regardez mon compte Instagram, je ne publie pas beaucoup! Je ne me vends pas « H24 » sur ce genre de trucs, alors disons que cette photo changera bientôt. Quand j’aurai une belle photo de moi sous le maillot du Progrès, je le ferai (il rit)!