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La sculptrice américaine Louise Nevelson plonge le centre Pompidou-Metz dans le noir


A travers cette exposition attendue depuis 50 ans en France, le musée de Metz entend souligner "l'importance très très significative" de l'artiste. (Photo archives rl)

Elle a «bouleversé la sculpture du XXe siècle» avec ses créations monumentales, faites de chutes de bois souvent teintées de noir: le Centre Pompidou-Metz consacre à partir de samedi une rétrospective inédite en Europe à Louise Nevelson (1899-1988), artiste new-yorkaise surnommée «la recycleuse originelle».

A travers cette exposition «que l’on attend depuis 50 ans» en France (la dernière remonte à 1974 à Paris), le musée de Metz entend souligner «l’importance très très significative» de l’artiste, qui a transformé la sculpture en « expérience totale et immersive », souligne Chiara Parisi, la directrice de l’établissement.

Née en Ukraine quelques mois avant le XXe siècle, Louise Nevelson (de son nom de naissance Leah Berliawsky), émigrée aux Etats-Unis à 5 ans, emménage en 1920 à New York, une ville qu’elle considère comme «une immense sculpture» et qu’elle ne quittera jamais. Elle y débute avec des dessins de corps nu et des petites sculptures en terre cuite.

Elle passera une grande partie de sa vie à ramasser, dans des décharges ou dans la rue, toutes sortes de vieux morceaux de bois pour en faire des sculptures modernes, majoritairement peintes en noir, sa couleur de prédilection.

Une oeuvre «monumentale»

«On a l’habitude de voir ses murs noirs de manière individuelle dans les expositions collectives un peu partout dans le monde, mais cette rétrospective permet de présenter son oeuvre «de manière environnementale, comme elle l’imaginait», elle qui était à la recherche d’une «quatrième dimension», explique Anne Hovarth, commissaire de l’exposition.

Le parcours débute par l’unique environnement doré de Louise Nevelson, The Royal Tides (Les marées royales), une oeuvre en bois peint en doré, de 3 mètres de haut sur 4 de long. A des oeuvres en bois noir, exposées devant des murs noirs, succède une surprise lumineuse, avec une salle dédiée à des environnements blancs, les seuls que Louise Nevelson ait peints de cette couleur.

Ce sont ses murs, de plusieurs mètres de long, qui assurent sa renommée: à partir de rebuts rejetés par la ville de New York, elle érige des sculptures verticales dans une oeuvre «monumentale» sublimée par un voile monochrome très souvent noir, note Anne Hovarth. Certaines sculptures racontent aussi toute une époque, avec Moon Garden + One (Jardin de lune +un), créée en 1958, où l’environnement créé retranscrit «toute la passion pour la conquête de la lune, l’endroit des rêves par excellence», observe-t-elle.

Nevelson «revient toujours au noir»

La rétrospective donne à voir les tâtonnements de l’artiste, avec des créations en plexiglas ou en acier. Mais si elle a tout expérimenté, Nevelson, influencée par le cubisme et par l’art africain, «revient toujours au noir», note la commissaire. La scénographie met aussi en avant ses environnements noirs très serrés, tandis que l’on «respire davantage» dans les créations blanches ou dorées.

Comme toutes les expositions que Louise Nevelson avait organisées, celle-ci porte le nom de l’une de ses oeuvres, Mrs. N’s Palace. Laquelle n’est toutefois pas visible à Metz, car «impossible à bouger»: achevé en 1977, son ultime environnement, la «quintessence de son oeuvre», selon Anne Hovarth, reste exposé au Met de New York.

La rétrospective s’accompagne d’une programmation liée à la danse et à des performances chorégraphiques, avec des figures qui ont marqué la sculptrice, comme Martha Graham ou Merce Cunningham.

Après Metz, jusqu’au 31 août, l’expo partira à Rodez, dans le sud de la France, du 17 octobre au 7 mars 2027, au musée Pierre Soulages, autre adepte du noir. Une « évidence, tant l’oeuvre des deux artistes se rencontre sur de nombreux aspects », soulève l’institution messine. Alors que le Centre Pompidou à Paris a fermé ses portes en septembre pour de grands travaux, l’institution messine a accueilli en 2025, pour sa 15e année d’existence, plus de 315.000 visiteurs, une fréquentation en hausse de 2,2% par rapport à 2024.

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