À la veille de la grande finale du Luxembourg Song Contest, la Rockhal s’est transformée en mini-Eurovision. Entrez dans les coulisses de cet événements phrare.
Il est à peine 14 h, ce vendredi, quand nous pénétrons dans la grande salle de la Rockhal. Dans la pénombre, les lumières violettes éclairent les techniciens qui s’empressent de tout finaliser. Il faut dire que le Luxembourg Song Contest (LSC), l’événement qui permet de désigner l’artiste qui représentera le pays à l’Eurovision est un grand challenge. Tout près de l’impressionnante scène de 410 mètres carrés, nous rencontrons Tom Weber, responsable technique du LSC.
Armé de son talkie-walkie, il règle les derniers ajustements avant le grand show qui aura lieu ce samedi soir. Cette année, la fameuse scène a subi quelques changements. «Tous les ans, on essaye de faire quelque chose de nouveau. Pour cette édition, nous avons eu l’idée de faire un grand cercle lumineux qui entoure la scène», précise-t-il.
Depuis près d’une semaine, les équipes regroupant 100 à 200 personnes sont à pied d’œuvre pour tout préparer. «C’est un très grand défi. Il faut gérer la sonorisation, les caméras, les vidéos, les lumières. Nous avons presque 500 projecteurs», poursuit Tom Weber.
L’un des grandes ambitions du Luxembourg Song Contest, c’est aussi de rendre ce spectacle le plus télévisuel possible. «Il y a, au total, une vingtaine de caméras. Toute la régie technique se trouve dans un camion. C’est à partir de là que l’on envoie par satellite et fibre optique la retransmission télévisuelle», détaille le responsable technique du Luxembourg Song Contest. Si le challenge est toujours important, pour cette troisième édition, les équipes semblent être plus rodées. «Je ne veux pas dire qu’on s’y habitue, mais en tout cas, on se réjouit de pouvoir le faire (…). On travaille dans une bonne ambiance, sans stress.»
«Je suis passé de zéro à une dizaine de concerts»
Pour d’autres, le stress commence quelque peu à monter. À quelques mètres de la scène, dans la salle de presse, nous retrouvons les huit finalistes du Luxembourg Song Contest. Dans quelques heures, ils entameront la grande répétition générale du spectacle de samedi. Et celle-ci est déjà décisive. «Le jury international va déjà évaluer leurs prestations. Samedi soir, cela sera au tour du public», explique Jeff Spielmann, responsable médias ESC pour le Luxembourg.
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Pour Luzac, auteur-compositeur-interprète luxembourgeois, la pression à quelques heures du grand show semble être descendue. Finaliste l’année dernière, il connaît bien la scène du LSC. «J’y vais avec beaucoup moins de stress. L’année dernière, c’était une grande première de chanter avec des oreillettes, d’apprendre une chorégraphie», explique-t-il. Moins de stress mais toujours cette envie de représenter le Luxembourg à Vienne. «Forcément, c’est un rêve. Je suis très content que le pays soit revenu dans ce concours. J’ai attendu cela depuis très longtemps», poursuit celui qui est éducateur spécialisé dans la vie. Qu’importe le résultat, le LSC lui a déjà permis d’obtenir de nombreuses opportunités l’année dernière. «Je suis passé de zéro à une dizaine de concerts. J’ai décidé après la finale l’année dernière de me consacrer uniquement à la musique.»
Elle découvre la musique grâce à l’Eurovision
Pour les autres finalistes, cela sera une grande première. C’est le cas d’Eva Marija. La jeune artiste née au Luxembourg de parents slovènes est tombée amoureuse de la musique et du violon à l’âge de trois ans. C’est justement lors de la prestation du chanteur et violoniste norvégien Alexander Rybak à à l’Eurovision qu’elle a découvert cet instrument de musique. «J’ai dit à mes parents, je veux absolument jouer du violon», sourit-elle. Si cet instrument de musique sera au centre de sa prestation, elle ne peut pas nous en dire plus. «C’est secret», glisse-t-elle. D’après l’un des sites de références de la communauté francophone de l’Eurovision «En route pour l’Eurovision», la chanteuse figure parmi les favoris. «Je l’ignorais totalement. Forcément, je suis très contente. Mais c’est ma prestation en live qui fera la différence», confie-t-elle.
Parmi les favoris de ce site, on trouve également Daryss. «Cela fait plaisir que ma chanson soit appréciée», confie-t-elle. C’est la légende de la sirène luxembourgeoise, Mélusine, qui a inspiré Daria Sokova, de son vrai nom, pour l’idée de son morceau. «Depuis un an, je vois des sirènes partout (elle rit). C’est une histoire très significative pour le Luxembourg. C’est un bon thème pour représenter le pays et c’est un thème intéressant pour la scénographie, mais je n’en dirai pas plus», explique-t-elle. Alors à quoi pensera-t-elle, juste avant de monter sur scène ce samedi soir? «À Mélusine, j’espère qu’elle sera avec moi ce soir-là», répond-elle.
Andrew The Martian espère, lui, compter sur le personnage qu’il incarne sur scène pour se démarquer. Ce «Martien», comme il se caractérise se dit être sur une autre planète depuis sa sélection au Luxembourg Song Contest. «Je suis là un peu au hasard. Quand je me suis inscrit dans ce songwriting, j’ignorais qu’il y avait un lien avec l’Eurovision», confie-t-il.
Ce samedi soir, le Luxembourg connaîtra son prochain représentant pour l’Eurovision à Vienne. Pour ces artistes, l’objectif final n’est pas de gagner coûte que coûte ce concours, mais de créer des opportunités dans leur carrière et de véhiculer l’image du Grand-Duché à travers l’Europe.