Soupçonnée d’être l’un des corbeaux de la Vologne, Jacqueline Jacob, 81 ans, grand-tante de Grégory Villemin assassiné à l’âge de 4 ans en 1984, a été mise en examen en octobre dernier sur la base d’une expertise en stylométrie. Le juge veut un second avis.
Président de la chambre de l’instruction de Dijon et en charge du dossier de la Vologne, Dominique Brault vient d’ordonner une contre-expertise en stylométrie.
Rendu en 2021, un premier rapport de cette discipline, qui utilise la statistique pour décrire les propriétés stylistiques d’un texte, était venu désigner Jacqueline Jacob, la grand-tante de Grégory, comme étant l’auteur de quatre lettres et d’un coup de fil anonymes.
Âgée de 81 ans, Jacqueline Jacob avait de nouveau été mise en examen dans le cadre de cette affaire Grégory. Elle l’avait été une première fois en juin 2017, au lendemain de sa garde à vue, mais cette décision avait été annulée en mai 2018 pour un pur problème de procédure.
Les soupçons de la justice
La justice soupçonne désormais la grand-tante de Grégory, aujourd’hui âgée de 81 ans, d’avoir, pêle-mêle, « proféré de manière réitérée des menaces de mort, d’avoir procédé à des appels téléphoniques anonymes et d’avoir établi, envoyé ou déposé des écrits anonymes comportant des menaces de mort contre les membres de la famille d’Albert Villemin (grand-père de Grégory), d’avoir revendiqué, par un écrit posté le 16 octobre 1984 et un appel téléphonique anonyme passé le même jour, l’enlèvement et l’assassinat de l’enfant ».
Parmi les charges qui pèsent sur l’octogénaire figure une expertise en stylométrie, discipline censée attribuer un texte à un auteur d’après son style. Un expert suisse a assuré que Jacqueline Jacob serait l’auteure des quatre principales lettres anonymes du dossier, mais qu’elle aurait également passé le coup de fil de revendication du crime à Michel Villemin ( frère aîné de Jean-Marie Villemin ), le jour de l’assassinat, aux alentours de 17 h 30.
Deux experts de l’École des Chartes
Pour procéder à cette contre-expertise, la justice vient de désigner deux experts de l’École des Chartes, sise à Paris, « qui développent depuis plusieurs années une activité dans l’identification d’auteurs écrivant sous pseudonyme ou encore d’identification d’auteurs d‘écrits anonymes dans le cadre de recherche scientifique dans plusieurs pays ou pour des organismes internationaux ».
Ces deux experts travailleront sur les mêmes documents que l’expert suisse, mais n’auront pas accès aux conclusions de ce dernier. Ils devront notamment déterminer combien de rédacteurs ont rédigé les quatre principales lettres anonymes du dossier (voir plus haut) et combien d’auteurs ont rédigé les lettres anonymes envoyées après le crime. Leur rapport devrait être rendu pour le 30 mars.