TIC, orientation, engagement… le ministère mise sur la sensibilisation pour réduire les inégalités hommes-femmes dans la société.
En décembre dernier, l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) a publié son index annuel avec une méthodologie modifiée et l’intégration de nouveaux indicateurs. Résultat : le Luxembourg a perdu deux places au classement et se situe à peine au-dessus de la moyenne de l’UE. Désormais 9e sur 27, le pays se donne-t-il des moyens suffisamment ambitieux pour remédier à ces inégalités entre les femmes et les hommes?
La députée LSAP Claire Delcourt a interpellé la ministre de l’Égalité et de la Diversité sur les mesures prévues en 2026, notamment sur les nouveaux indicateurs – femmes dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), management, emplois faiblement rémunérés – et sur la charge domestique et d’aidance supportée par les femmes.
Yuriko Backes lui a répondu point par point ce jeudi. En ce qui concerne les «femmes et TIC», elle annonce surtout des actions de sensibilisation. «Une série d’événements est prévue en 2026 (…) pour sensibiliser des filles aux métiers TIC, avec des rôles modèles et des témoignages.» Elle met aussi en avant un projet cofinancé par son ministère : «Girls deploy your talents» qui «donne la possibilité de découvrir des métiers dans une entreprise», ainsi que des ateliers organisés régulièrement dans les écoles et lycées.
Dix ans de réforme du congé parental
Quant à la répartition de la charge du travail de soins (Care), comme la garde d’enfants, l’aide informelle, les tâches ménagères, la réponse ne détaille pas de nouvelles mesures opérationnelles, mais insiste sur deux axes : la sensibilisation et la mesure. D’une part, «le ministère aborde le travail de soins dans des ateliers à l’école». D’autre part, l’Observatoire de l’égalité a prévu de publier «prochainement de nouveaux indicateurs (…) pour assurer le suivi» du Care.
La ministre rappelle aussi la réforme du congé parental de 2016 et souligne un élément marquant : «En 2024, plus d’hommes que de femmes ont bénéficié du congé parental.» Et d’ajouter que l’accord de coalition prévoit l’introduction d’un modèle de congé parental de neuf mois, avec un revenu de remplacement inchangé par rapport au modèle de six mois.
Sur la parité en politique et dans les conseils d’administration, Yuriko Backes annonce un suivi en 2026 d’un atelier sur le genre des partis politiques et la relance d’une campagne de sensibilisation. Elle cite aussi le Female Board Pool (réservoir de candidates potentielles pour des postes d’administratrices) et le suivi quantitatif de la représentation des femmes dans les conseils d’administration de l’État.
L’union fait la force
Enfin, sur la directive européenne (UE) 2022/2381 qui devrait permettre d’atteindre la parité dans la composition des conseils d’administration, le gouvernement estime que «sa mise en œuvre est un premier pas», tout en rappelant qu’elle «ne concerne pas toutes les entreprises, seulement les sociétés cotées ayant leur siège au Luxembourg».
Sur la précarité et les bas salaires touchant surtout les femmes, la réponse reste générale, mais met en avant, là aussi, la sensibilisation à l’orientation : «Environ 5 000 jeunes ont été touchés en 2025 via des ateliers et des foires pour encourager les garçons et les filles à s’orienter vers des métiers dits atypiques»».
Si la réponse gouvernementale met l’accent sur la sensibilisation et promet des indicateurs à venir sur la charge domestique, il faut rappeler que la plupart de ces actions ont lieu dans le cadre du Plan d’action national – PAN Égalité, qui a le mérite d’inclure 17 ministères, chacun d’entre eux devant implémenter des mesures concrètes dans son propre champ de compétences – une première.