Roberto Traversini a péché par pragmatisme, selon le parquet. La note risque d’être salée. Si le parquet a compris ses intentions, il a tout de même requis de la prison à son encontre.
Ce mercredi matin, le représentant du parquet a donné son avis quant aux faits reprochés. Il avait déjà annoncé la couleur la veille : il comprend les intentions du prévenu, mais «le code pénal est le code pénal». De l’argent public a été utilisé pour des intérêts privés. L’infraction est instantanée et l’intention ne compte pas pour le législateur.
Les infractions reprochées ont eu lieu entre novembre 2016 et juillet 2019. Elles sont jugées plus ou moins graves par le procureur, qui estime les accusations de conflit d’intérêts et de prise illégale d’intérêts posées, tout comme le détournement de fonds publics. Roberto Traversini aurait «utilisé l’argent public comme si c’était le sien», «en catimini» et «de manière inhabituelle».
Un bon père de commune
Le parquet retient également le «faux par un fonctionnaire» à son encontre. Un crime puni d’une peine de réclusion de 10 à 15 ans. Dans cette affaire, il a été décriminalisé, mais le prévenu encourt tout de même une peine de 3 à 5 ans de prison. Le seul point sur lequel le procureur est diligent concerne la formation de bardage en bois sur l’abri de jardin pour laquelle le magistrat a requis l’acquittement.
Le magistrat a finalement requis une peine de 4 ans de réclusion assortie du sursis intégral ainsi qu’une amende appropriée à l’encontre de Roberto Traversini. À cela s’ajoutent des interdictions de 5 ans du vote passif et du droit à remplir un emploi, une fonction ou un office public. Un avertissement pour les fonctionnaires qui seraient tentés d’imiter le prévenu.
Interrogé sur son avenir politique, Roberto Traversini a assuré ne pas prévoir de retour. Ces interdictions ne remettent donc pas en cause ses aspirations.
Giorgio passe entre les gouttes. Le magistrat a requis son acquittement. Quant à la compagne de Roberto Traversini, elle encourt une amende pour recel. Le parquet n’a pas retenu la complicité dans leur chef.
Le procès se poursuivra lundi prochain avec les plaidoiries de la défense des trois prévenus. Me Grasso a laissé entrevoir une partie de sa stratégie reposant sur l’article 245 du code pénal.