Trump et ses menaces, Trump et ses violations du droit international… Le président des États-Unis a été au centre des discussions, mardi à la Chambre. Bettel attend Davos.
Le gouvernement doit condamner les violations du droit international commises par les États-Unis lors de leur intervention militaire au Venezuela. Les députés ont largement voté en faveur d’une motion déposée par Gusty Graas (DP), président de la commission des Affaires étrangères et européennes, lors d’une heure d’actualité consacrée aux opérations militaires qui ont conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro. Seul l’ADR a voté contre.
Tous les partis ont reconnu le manque de légitimité démocratique de Nicolás Maduro en tant que président du Venezuela et ses atteintes massives aux droits humains dont la répression systématique de l’opposition démocratique. Le gouvernement doit «réitérer son attachement au droit international et au multilatéralisme» et «rappeler en toutes circonstances, et notamment dans le cadre des échanges diplomatiques avec les États-Unis, l’importance du respect du droit international».
Cependant, quand David Wagner, dont le parti, déi Lénk, était à l’origine de cette heure d’actualité sur les agissements de Trump au Venezuela, a déposé une résolution de la même veine, elle a été rejetée par la majorité. Cette résolution engageait les députés et chargeait le président de la Chambre, Claude Wiseler, de la transmettre au Congrès des États-Unis, histoire de leur rappeler que l’opération militaire de Trump constitue une violation de l’article 2 (4) de la Charte de l’ONU, que «les politiques coercitives exercées par le gouvernement des États-Unis à l’encontre d’autres pays souverains constituent une menace pour l’ordre international» et que le gouvernement des États-Unis «multiplie depuis un an les menaces verbales contre des pays souverains, tout en envisageant publiquement des opérations militaires sans fondement légal». En résumé, une condamnation des agissements de Trump, comme il était déjà question dans la motion adressée au gouvernement.
«Les députés peuvent aussi prendre une position, comme on le demande au gouvernement», défend Sam Tanson qui ne comprend pas pourquoi l’opposition refuse le texte. Dans les rangs du CSV, c’est Laurent Zeimet qui mène la fronde. Un peu plus tôt, il déclarait que le Luxembourg, et le CSV en particulier, ne voulait pas «rompre les amitiés avec les États-Unis», tout en espérant des jours meilleurs à venir. Yves Cruchten (LSAP) lui rappelle alors que «l’espoir, ce n’est pas de la politique étrangère» et que la place financière, aussi importante soit-elle, ne peut pas tout pardonner et ignorer.
Lors de cette même séance, le pirate Sven Clement avait lui aussi pris la parole pour débattre de la question du Groenland. «La confiance avec les États-Unis est rompue», lâche-t-il en déposant à son tour une motion que tous les partis ont rejetée, la jugeant prématurée. Cette motion demandait au gouvernement de participer à une éventuelle mission de maintien de la paix de l’OTAN ou de l’UE pour renforcer la souveraineté danoise sur le Groenland et protéger l’intégrité territoriale.
Ligne rouge
Xavier Bettel (DP), qui pensait avoir «moins de stress», à la tête du ministère des Affaires, est servi, en citant quelques-uns des conflits qui enflamment tous les continents. Et Trump n’arrange pas ses affaires. Au contraire, le président américain a franchi une nouvelle ligne rouge avec ses menaces d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays européens qui lui tiendraient tête.
Une chose est certaine pour Xavier Bettel, l’Union européenne ne doit pas abandonner le Danemark et le Groenland. Mais les récentes déclarations de son homologue hongrois le mettent en colère. Le Hongrois estime que c’est un problème entre le Danemark et les États-Unis, se désolidarise complètement des autres États membres et menace d’un veto tout texte qui déciderait de mesures dirigées contre les États-Unis. Xavier Bettel a ajouté qu’il souhaitait rappeler à ces pays leur propre passé. «Imaginez si nous avions aujourd’hui la même position et les mêmes réflexes que ces pays en matière de solidarité!», lance-t-il.
Il ne sait pas ce qui sera dit à Davos, il est dans l’expectative. Trump doit arriver ce mercredi à Davos.