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République en panne

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, est amer. Mais après avoir accepté ce poste, il aurait dû se douter que la pilule aurait du mal à passer. Après des semaines de débats et de discussions, le voici obligé de dégainer l’article 49.3 pour faire passer le budget de la France. Comme il est impossible de faire approuver le texte, il le fera passer sans vote. Mais, en échange, il devra engager la responsabilité de son gouvernement, qui tente de tenir tant bien que mal la barre du pays. Y aura-t-il assez de députés pour le «virer»? Rien n’est moins sûr. Les soubresauts politiques chez nos voisins ont de quoi nous faire hausser les épaules tellement les défis qui attendent nos pays européens sont nombreux. Il semble que les politiciens français restent dans leur bulle, en luttant pour prendre le pouvoir en écrasant les autres. Impossible pour eux de s’entendre et de fabriquer ces fameuses coalitions qui sont tellement nombreuses dans les pays qui les entourent. Le pays et ses habitants ne valent apparemment pas quelques concessions pour avancer et changer les choses, et surtout réformer une nation qui vit sur une dette de plus en plus colossale.

Cette instabilité et cette fragilité risquent de durer jusqu’en 2027, année de la présidentielle qui verra le départ d’Emmanuel Macron de l’Élysée. Une dissolution de l’Assemblée nationale est-elle possible? Oui, mais, pour se tailler une majorité, le futur président ou la future présidente ne pourra pas dissoudre de nouveau cette Assemblée une fois arrivé(e) au pouvoir. La tension n’est donc pas près de retomber alors que d’autres dossiers s’empilent sur la scène internationale, particulièrement bousculée par Vladimir Poutine et Donald Trump. Les rapports avec le Luxembourg risquent également d’en pâtir. Pas la relation privilégiée avec le pays, mais les détails concernant les développements économiques entre les deux pays et la thématique des frontaliers. La visite du ministre Benjamin Haddad lors de la 8e Commission intergouvernementale franco-luxembourgeoise pour le renforcement de la coopération transfrontalière a aussi laissé un goût amer. Pour le représentant de l’actuel gouvernement, le «compte n’y était pas» du côté luxembourgeois. Tout risque de se figer au moins jusqu’en 2027.

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