Les signalements d’agressions et de violences dans les transports publics continuent d’augmenter au Luxembourg. C’est en tout cas ce qui ressort des chiffres donnés par Yuriko Backes ce lundi.
Insultes, coups avec ou sans blessure, menaces avec ou sans objet, crachat… La liste des agressions subies par les agents des transports publics dans le pays est longue. «L’insécurité croissante risque non seulement de dissuader une partie de la population de recourir (aux transports publics), mais également d’aggraver la pénurie de personnel dans le secteur», se sont émus les deux députés du CSV, Laurent Mosar et Maurice Bauer. Des solutions sont-elles mises en œuvre pour renforcer la prévention et la sécurité dans les bus, trains ou tram du pays, ont-ils voulu savoir.
La ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, leur a répondu ce lundi. Non sans avoir d’abord dressé un état des lieux de la situation. Les chiffres s’appuient sur une base de données de signalement interne utilisée par les opérateurs, qui recense les incidents rapportés par le personnel. Au vu de ces données, il apparait que les agressions progressent nettement sur certains réseaux entre 2023 et fin 2025.
Chez AVL, les cas d’agression d’agents de transport passent de 35 à 163 cas déclarés. Chez les CFL, de 192 à 280. À l’inverse, la tendance est plus stable ou en baisse selon les opérateurs : Luxtram augmente légèrement, passant de 17 à 20 cas, le RGTR recule lui de 64 à 52, tout comme le TICE de 23 à 18.
D’autres personnes concernées
Les insultes constituent de loin l’agression la plus fréquente, devant les menaces ou les agressions physiques.
La ministre a aussi présenté les chiffres sur les agressions à l’encontre de tierces personnes signalées par des agents. Là encore, la hausse est marquée pour AVL (21 à 104) et pour les CFL (375 à 486) entre 2023 et 2025. Sur les autres réseaux, les évolutions sont plus contrastées : Luxtram recule (41 à 28), le RGTR reste globalement stable (28 à 29) et le TICE baisse largement (14 à 4).
Ces données sont toutefois à prendre avec prudence, puisqu’elles sont issues d’un outil de signalement. Elles reflètent donc ce qui est rapporté et peuvent varier selon les pratiques de déclaration, la sensibilisation du personnel ou la facilité de signalement. Autre limite, lorsqu’on s’intéresse aux statistiques policières ou judiciaires, le tram n’apparaît pas comme catégorie à part entière.
Ceci une fois posé, la réponse ministérielle évoque plusieurs pistes pour tenter de réduire cette violence. Parmi ces pistes, la poursuite du travail législatif sur la sécurité dans les transports, mais aussi des mesures opérationnelles comme «un plan d’actions sûreté» élaboré par les CFL et transposable aux autres opérateurs. La ministre indique enfin d’autres leviers d’action comme la présence d’agents de sécurité, la prévention, la collaboration avec les forces de l’ordre ou encore des dispositifs de signalement permettant de mieux objectiver le phénomène.