Le pouvoir iranien tient bon, malgré la contestation, malgré sa fragilité après les attaques israéliennes et américaines qui ont touché son programme de recherche nucléaire et mis en cause sa toute-puissance. Il continue de massacrer ceux qui tentent de s’opposer à son hégémonie. Difficile de savoir ce qu’il s’est passé dans les rues des grandes villes du pays lors de la contestation populaire qui a, encore une fois, remis en cause le pouvoir des mollahs et de leurs forces paramilitaires, les gardiens de la révolution. Ce n’est pas la première fois qu’un vent de colère touche le pays. Ce n’est pas la première fois que des milliers de manifestants paient de leur vie leurs aspirations au changement. La mobilisation populaire a touché une large portion du pays, ce qui a pu faire naître l’espoir d’un basculement. Nous n’en sommes pas là.
La répression a été terrible, comme à chaque fois, et nous aurons bientôt les images des horreurs que la population a subies quand internet sera rétabli dans tout le pays. L’espoir a aussi été rapidement éteint par le positionnement du président américain, Donald Trump. D’abord prêt à en découdre et n’hésitant pas à menacer les responsables iraniens, il a, semble-t-il, fait volte-face après des échanges avec des chefs d’État de la région. Depuis, c’est presque le silence radio. Les espoirs qu’avaient mis les Iraniens en lui s’évanouissent peu à peu.
Mais peut-être est-ce là un nouveau stratagème du locataire de la Maison-Blanche. On peut en douter. Un interventionnisme américain pourrait remettre le feu à toute une région déstabilisée qui se remet à peine de la guerre entre le Hamas et Israël.
Samedi, à Luxembourg comme dans de nombreuses autres capitales européennes, les membres de la diaspora iranienne ont manifesté pour que le monde n’oublie pas le sacrifice de ceux qui veulent plus de liberté à Téhéran et dans de nombreuses villes du vaste pays, pour que le combat de ceux qui ont osé se lever face à une dictature sanguinaire ne reste pas vain. Et surtout, pour que les premières promesses de Donald Trump ne soient pas, encore une fois, seulement de simples slogans balancés aux médias pour sa propre gloire et afin qu’on le considère comme le protecteur des peuples opprimés.