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[Rallye-raid] Les Français en vue


Après une première semaine galère, Adrien Van Beveren s'est régalé, mercredi. (Photo : afp)

DAKAR-2026 La dixième étape a souri aux Français mercredi avec les victoires en moto d’Adrien Van Beveren et de Mathieu Serradori en auto tandis que Sébastien Loeb a grimpé au classement général, le jour anniversaire de la mort de Thierry Sabine, le créateur du mythique rallye-raid.

La performance de cette journée tricolore revient au Nordiste Van Beveren qui a avalé les 368 km de secteur chronométré entre le bivouac et Bisha en 4 h 15’43 ». Le motard Honda avait souffert en première semaine avant d’engranger de bonnes étapes depuis dimanche.

«C’était cool! Ça fait du bien, car c’est un Dakar particulièrement difficile», a-t-il confié. Et d’ajouter : «Je me suis régalé dans ces dunes et ces sables mouvants où ça demande un pilotage très technique. J’ai roulé très vite là-dedans. Comme quoi, il ne faut jamais lâcher», a conclu le triple vainqueur de l’Enduro du Touquet, créé également par Thierry Sabine.

Moins médiatique depuis qu’il a quitté l’Afrique pour l’Amérique du Sud (en 2009), puis l’Arabie saoudite (depuis 2020), le Dakar a vu mercredi son classement général moto bouleversé : le champion du monde 2025 et tenant du titre, l’Australien Daniel Sanders, a chuté de sa KTM et s’est blessé à une épaule, terminant 15e de l’étape.

Il rétrograde à la quatrième place, abandonnant plus de 17 minutes et laissant s’échapper le trio de tête : l’Américain Ricky Brabec (Honda), l’Argentin Luciano Benavides (KTM) et l’Espagnol Tosha Schareina (Honda). Van Beveren est sixième.

Benavides, vainqueur en 2021 et 2023 et qui est aussi l’un des favoris, est à moins d’une minute de Brabec, lauréat des éditions 2020 et 2024.

Le grand coup de Serradori

Du côté des autos, Mathieu Serradori et son copilote Loïc Manaudier ont aussi frappé «un grand coup» à bord de leur bolide du constructeur sud-africain Century Racing.

Serradori a devancé le quintuple vainqueur du Dakar, Nasser Al-Attiyah, et le nonuple champion du monde des rallyes Sébastien Loeb, tous deux au volant de leurs Dacia Sandriders.

Au général, le Qatarien reprend la première place que lui avait dérobée mardi l’Espagnol Nani Roma (Ford Raptor), désormais troisième.

Le Sud-Africain Henk Lategan (Toyota Hilux Gazoo Racing) a passé une deuxième mauvaise journée marquée par une panne d’essence et une erreur de navigation, mais reste deuxième.

Quant à Loeb, toujours en quête d’une première victoire finale au Dakar et après avoir beaucoup souffert ces derniers jours, il finit troisième de l’étape avec son copilote Édouard Boulanger. L’équipage remonte à la quatrième place du général.

Avant l’arrivée à Bisha, le bivouac a salué la mémoire de Thierry Sabine, mort à l’âge de 36 ans le 14 janvier 1986 dans l’accident de son hélicoptère au Mali, dont ASO a diffusé des images émouvantes. L’appareil transportait aussi le chanteur star et militant humanitaire Daniel Balavoine, son pilote François-Xavier Bagnoud, la journaliste Nathalie Odent et le technicien radio Jean-Paul Le Fur.

Attaché de presse, passionné de sports mécaniques, épris d’aventures, Sabine avait monté et participé dès les années 1970 à des courses et rallyes auto et moto, dont le très éprouvant « Côte d’Ivoire à Côte d’Azur », d’Abidjan à Nice. En panne de moto dans le désert libyen, il fut sauvé de justesse en janvier 1977 après avoir erré à pied et sans eau.

Cela lui avait donné l’idée et l’envie du Paris-Dakar, qui s’est élancé le 26 décembre 1978 et a passionné la France pendant des années.

Munster abandonne… mais continue de rouler

Côté luxembourgeois, Charles Munster ne terminera pas le Dakar. Mais il reste malgré tout en course : «Lors de la 9e étape, c’était compliqué, on partait dans la poussière, on a rattrapé pas mal de monde, mais on a ensuite crevé dans une pierre au pit stop. Heureusement, on a pu changer les pneus. Et plus tard, comme beaucoup de monde, on a jardiné, on s’est perdus.»

La suite sera malheureusement tout aussi compliquée : «Arrivés en fin de journée, on n’avait plus d’embrayage. On a tenté de réparer, mais ça n’a pas marché. On est repartis dans l’étape 10, mais vers le km 35, l’huile de la boîte a commencé à couler sur l’embrayage qui ne s’actionnait plus mais qui fonctionnait encore. Il a patiné. Dans les dunes, c’était impossible de passer. On a préféré court-circuiter la spéciale plutôt que de casser la boîte ou de se planter dans une dune, où on n’aurait pas pu être remorqués, car les camions d’assistance ne passent pas par là. Donc, on ne sera pas finisseur de ce Dakar, mais on peut quand même repartir demain. Le but sera de remonter dans les places de départ pour essayer de faire enfin une bonne spéciale», explique-t-il en gardant malgré tout le sourire. Il n’apparaît donc plus au classement de l’épreuve.

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