Aussi simple que quelques lignes sur un papier et une petite signature en bas du document. Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir il y a juste un an seulement, on a parfois l’impression que certains Américains vivent sur une autre planète. Ils semblent s’être complètement désinhibés au fil des sorties de leur maître à penser. Ainsi, un député républicain de Floride a présenté une proposition de loi pour faire du Groenland le 51e État des États-Unis. Le texte, intitulé «Loi sur l’annexion et l’admission du Groenland au sein de l’Union», a été dévoilé lundi par le député Randy Fine. Plus besoin de demander l’avis des habitants du Groenland ou même de tout autre pays à travers le monde. Le phare de la civilisation se trouve aux États-Unis, qui peuvent régir le monde et décider à sa place. Il suffit de voter une loi à la Chambre des représentants pour enduire d’un vernis de légalité une possible annexion du Groenland. Ils ne doutent de rien.
Aux États-Unis, la situation politique actuelle ressemble à un préquel du film Idiocracy. Cela prêterait à rire s’il n’y avait pas des morts à la clé. De l’autre côté de l’Atlantique, il suffit dorénavant de marteler des bêtises pour tenter de les transformer en vérités. Et ça marche. Mais personne ne peut prendre tout cela à la légère. Par moments, Donald Trump ressemble à un enfant jouant avec un revolver chargé. On ne sait pas ce qui va se passer et surtout qui sera la prochaine victime.
C’est avec cette image en tête que, ce mercredi, les représentants du Danemark et du Groenland seront à la Maison-Blanche pour discuter avec l’avide président américain. Ils vont sûrement lui redire que le territoire n’est pas à vendre, qu’il n’est pas à annexer, lui rappeler qu’ils sont des pays alliés, ce qui ne veut pas dire que l’un peut piétiner l’autre impunément. Ils rappelleront sûrement à Donald Trump que la population du Groenland n’est pas à acheter et, horreur, ne veut pas devenir américaine. Allez expliquer cette dernière chose à Trump et à ses supporters. Peine perdue : ils ne comprendront jamais et, pire, ils risquent de devenir agressifs. Bonne chance aux Danois et aux Groenlandais qui seront à la Maison-Blanche ce mercredi.