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[Cinéma] «Ma frère» : les jolies colonies de vacances


Le film offre son premier rôle à la chanteuse Amel Bent, qui incarne Sabrina, la directrice de la colo. Pour Lise Akoka, c'est une «révélation». (Photo : cinéart)

Avec Ma frère, comédie tendre sur le passage à l’âge adulte, les réalisatrices Lise Akoka et Romane Guéret dépeignent l’été en colonie de vacances d’une jeunesse issue des quartiers populaires.

Les réalisatrices françaises Lise Akoka et Romane Guéret continuent de décortiquer le monde de l’enfance dans leur deuxième long métrage, Ma frère, qui fait suite à leur websérie Tu préfères (2020) et met de nouveau en scène les personnages de Djeneba et Shaï. Désormais âgées de 20 ans et embauchées comme animatrices dans une colonie de vacances, elles vont être confrontées à des choix importants mettant à l’épreuve leur amitié, tout en s’occupant de jeunes de leur quartier populaire du 19e arrondissement de Paris. Entre réflexion sur l’amitié et l’identité et l’apparition des premiers émois amoureux, le film cherche à «dépeindre la véracité et l’intensité de ces moments» estivaux, décrit Lise Akoka.

Les deux personnages principaux sont joués par Shirel Nataf et Fanta Kebe, rencontrées par la coréalisatrice sur le tournage d’un film où elle avait pour mission de les coacher alors qu’elles n’avaient que 11 ans. «Pendant dix ans, elles ont été vraiment comme des petites sœurs pour nous et on les a accompagnées dans beaucoup de moments de leur vie», raconte-t-elle, ravie de «pouvoir déployer un peu leur trajectoire dans une histoire plus romanesque».

Lise Akoka connaît bien l’univers des colonies de vacances. Elle y a passé tous ses étés de ses 8 à ses 17 ans, puis a exercé comme animatrice et comme directrice. «On a aussi passé beaucoup de temps dans des centres de loisirs, des maisons de quartier, des ateliers d’improvisation avec des enfants», pour nourrir l’histoire et les dialogues du film, poursuit-elle. Shirel Nataf et Fanta Kebe ont elles aussi été jusqu’à se faire embaucher dans une colonie, où les deux réalisatrices ont pu les observer pour amener le scénario au plus près du réel.

Le résultat donne des dialogues d’une extrême justesse dans un vocabulaire emprunté à cette jeunesse des quartiers. «Il y a beaucoup de matière qu’on enregistre, qu’on retranscrit, on prend énormément de notes. On a comme une espèce d’énorme lexique, une bible à anecdotes», qui est peu à peu élaguée pour affiner la trame narrative, expose Lise Akoka.

On a passé beaucoup de temps dans des centres de loisirs, des maisons de quartier, des ateliers d’improvisation

Le casting pour repérer la vingtaine d’enfants de 6 à 10 ans qui jouent dans le film a ensuite duré un an. Lise Akoka et Romane Guéret ont d’abord organisé des sessions dans les maisons de quartier. «C’est là où on trouve un potentiel, celui qui ressemblerait au rôle, l’autre qui ressemble moins au rôle mais qui a une nature tellement explosive qu’on a envie de le rencontrer», confie Romane Guéret. Les réalisatrices sont spécialistes de l’exercice depuis leur premier film, Les Pires (2022), qui a révélé l’actrice Mallory Wanecque (L’Amour ouf).

Elles ont ensuite monté une vraie colonie de vacances sur le décor du film dans la Drôme. «Pendant trois semaines, un mois», tous les enfants du film sont restés sur le site, alternant moments de tournage et activités collectives organisées par la colo.

Autre trouvaille : le choix de la chanteuse Amel Bent pour incarner la directrice, Sabrina, dans son tout premier rôle au cinéma. «Quand elle est arrivée au casting, il y a eu une révélation», se rappelle Romane Guéret. «Elle avait un truc « street », elle est arrivée avec sa vibe qui ressemblait tellement à ce qu’on avait espéré», ajoute-t-elle. Sabrina a été inspirée de plusieurs rencontres avec des directrices de colo ou du périscolaire, qui «donnent tout» avec peu de moyens. L’interprète de Ma philosophie, enfant de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, «a eu envie de se mettre au service de cette histoire, alors qu’elle avait toujours refusé les projets de cinéma», salue Romane Guéret.

Ma frère, de Lise Akoka et Romane Guéret.

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