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Tempête dans un verre vide

Qui s’est lancé dans le Dry January? La ministre de la Santé, par exemple. En fait, c’est même plutôt un Dry Ministry pour elle, puisqu’elle dit, dans une interview au Wort, avoir arrêté la consommation d’alcool depuis qu’elle est en poste au gouvernement. Bravo. Soutenue dorénavant par les services de l’État, l’initiative mondiale du Dry January a ses détracteurs chez nous aussi. Dès le mois de décembre, lorsqu’ils ont appris la nouvelle, les membres de l’Horesca ont critiqué ce soutien à l’opération, alors que la situation est déjà assez compliquée dans le secteur. Et ne parlons pas des membres du secteur viticole ou brassicole, qui ont dû soulever un sourcil en apprenant ce parrainage.

Évidemment, il y a des enjeux économiques derrière tout cela. Mais le Dry January est loin de ressembler à une nouvelle prohibition. Ce mois «à sec» n’est pas anodin. Il permet à beaucoup de faire le point avec eux-mêmes et surtout de regarder en face, un instant, leur consommation d’alcool. En adulte responsable, en adulte éclairé. Après une période particulièrement festive, où les abus sont parfois nombreux, il est intéressant de prendre un instant pour souffler et surtout de reprendre ses esprits. Le Dry January permet en tout cas de poser le problème de l’alcool dans nos sociétés sans forcément dramatiser. On peut ainsi en parler, alors que les occasions sont quand même moins nombreuses durant le reste de l’année, sous peine de recevoir quelques regards interrogateurs, inquisiteurs ou inquiets. L’initiative est une occasion de briser la glace avec ses proches, son médecin… même si l’idée d’une sobriété totale tout au long de l’année n’est pas au programme.

Si vous insistez pour faire le Dry January, mais que vous voulez soutenir la filière, saviez-vous que des vignerons mosellans et notamment un fameux brasseur basé à Bascharage proposent maintenant du vin ou de la bière sans alcool? De quoi trinquer avec la conscience tranquille et faire plaisir à la fois à soi, au ministère et aux producteurs. Alors, à votre santé et au mois de février qui va, de toute façon, vite arriver!

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