L’opposition n’a pas tardé à fustiger le coût prévisionnel de la réforme fiscale censée entrer en vigueur au 1er janvier 2028. Le ministre Gilles Roth s’est dit irrité, lors de la présentation officielle, de la somme avancée de 1,4 milliard d’euros par an. Le coût de l’introduction d’une classe d’imposition unique serait «limité» à 880 millions d’euros pour 2028 et 989 millions d’euros pour 2029. En additionnant les enveloppes incombant au ministère de la Famille, qui gèrera la hausse des allocations (250 millions d’euros), et au ministère en charge de l’Enfance et de la Jeunesse – 75 millions d’euros pour la revalorisation du chèque service-accueil – la facture atteint au moins 1,3 milliard d’euros. Mauvaise foi du ministre des Finances? Ou simple malentendu?
En tout état de cause, la réforme fiscale, accompagnée des mesures ciblées pour les familles et les enfants, va lourdement peser sur les finances publiques. Bon nombre d’observateurs ont déjà dressé ce constat. Le Premier ministre, Luc Frieden, défend qu’il ne faut pas parler de coût, mais d’un investissement dans les citoyens et, dans un deuxième temps, dans le commerce. Le chef du gouvernement reste fidèle à sa formule : offrir plus de pouvoir d’achat aux gens permet de doper l’économie qui, en tournant fort, permet de financer l’État social. Le pari était risqué dès le début du mandat du gouvernement CSV-DP. Ne l’est-il pas encore plus aujourd’hui, sachant qu’au moins un autre poste budgétaire majeur s’est ajouté à la liste : un effort de défense qui dépassera les 1,4 milliard d’euros en 2028, année d’entrée en vigueur de la réforme fiscale.
Il était déjà étonnant de voir que le budget 2026 ne prévoyait ni coupes financières ni nouvelles sources de recettes. À l’avenir, de douloureux choix devront toutefois être faits, y compris par le gouvernement en place. Distribuer le cadeau fiscal en 2028, une année électorale, ne doit pas devenir un cadeau empoisonné. Une impulsion sera à donner dès le dépôt du prochain budget pluriannuel, en octobre 2026.