Fort d’un nouveau record annoncé de fréquentation, l’aéroport de Luxembourg multiplie ses liaisons pour 2026, au risque d’atteindre ses limites physiques d’ici quelques années.
Où s’arrêtera l’aéroport du Findel? À l’orée de la nouvelle année, Alexander Flassak, CEO de la société lux-Airport qui exploite l’aéroport, a confié à nos confrères de L’essentiel qu’un record de fréquentation devrait être battu pour 2025.
Le cap des 5 millions de voyageurs aurait été dépassé le 9 décembre dernier et les estimations tablent sur plus de 404 000 personnes sur tout le dernier mois de l’année. De quoi dépasser le précédent record de 5,2 millions de passagers établi en 2024.
Le seul aéroport du Grand-Duché a le vent en poupe et se voit pousser des ailes. D’une part, un plan d’un milliard d’euros d’investissements (environ 80 % versés par lux-Airport et 20 % par l’État) d’ici 2032 a été annoncé l’an dernier afin de moderniser et étendre les infrastructures existantes. De l’autre, neuf destinations supplémentaires ont été ouvertes par Luxair pour la saison estivale de 2026.
Neuf nouvelles destinations pour l’été
Seule compagnie luxembourgeoise de transport de passagers, Luxair vise, elle aussi, les records. Cette dernière prévoit de desservir 101 destinations depuis Luxembourg cette année, soit le «réseau le plus important jamais proposé». Parmi elles, 97 seront accessibles durant la saison estivale, entre le 29 mars et le 24 octobre 2026, dont neuf nouveaux lieux de villégiature.
On y trouve ainsi l’ouverture de routes vers l’île portugaise Porto Santo (à partir du 31 mars prochain), le village antique grec Araxos (20 mai), l’île grecque Zakynthos (20 mai), la cité historique Gérone (2 juin), la capitale finlandaise Helsinki (2 juillet) et la ville médiévale d’Édimbourg (3 juillet).
Les trois autres nouvelles connexions sont, elles, des relances de lignes anciennement desservies. Il s’agit de la station balnéaire Alicante (à partir du 1er avril prochain), Tunis la cité millénaire (4 juillet) et la capitale basque Bilbao (16 juillet). Tandis qu’il y aura un vol par semaine pour Porto Santo, Zakynthos et Araxos, les autres nouvelles offres disposeront, elles, de deux vols hebdomadaires.
Une croissance limitée
Avec ces ajouts, le Findel se présente désormais comme un aéroport qui ne dessert plus seulement les grandes capitales européennes, mais aussi des destinations de niche.
Une bonne nouvelle pour les Luxembourgeois et les résidents des pays frontaliers, de plus en plus nombreux à décoller depuis ce point central de la Grande Région. Ces derniers seront ainsi encore un peu moins dépendants des aéroports voisins et plus lointains. Forcément, l’attractivité touristique du pays se voit aussi renforcée en facilitant l’accès aux touristes étrangers.
En toile de fond de cette croissance se trouve néanmoins la crainte du plafond de verre. En conservant la dynamique actuelle, le Findel pourrait atteindre 8 à 10 millions de voyageurs d’ici 2050 et ne pourrait en accueillir plus, selon la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes.
Elle assure que l’aéroport finira par atteindre ses limites structurelles, la faute, notamment, à l’impossibilité de construire une deuxième piste sur le site actuel qui est aussi l’un des plus grands hubs de fret en Europe.
Afin d’anticiper, la construction d’un nouvel aéroport au Luxembourg est désormais sur la table, bien qu’aucun site n’ait encore été analysé ou retenu.
Bien qu’il soit international, le Findel dispose de très peu de vols long-courriers, dont le développement pourrait être la prochaine étape. À ce jour, seuls deux vols de plus de six heures sans escale sont opérés à destination de Zhengzhou (Chine) depuis 2023 et Dubaï depuis 2021.
New York pourrait alors s’ajouter à la liste, puisque l’idée de relancer cette ligne a refait surface, comme c’est régulièrement le cas depuis son ouverture et fermeture en 1999. En décembre dernier, Stacey Feinberg, nouvelle ambassadrice des États-Unis au Luxembourg, en a discuté avec Yuriko Backes, ministre de la Mobilité. Cette dernière se dit favorable mais aucune officialisation de la part d’une compagnie aérienne n’a eu lieu.