[CAN-2025] Tous les favoris, en commençant par l’hôte marocain, sont au rendez-vous des quarts de finale, qui offriront donc quatre affiches aussi alléchantes qu’indécises, vendredi et samedi.
Sénégal – Mali, duel de l’ouest
C’est sur le papier le quart le plus déséquilibré entre le Sénégal, grand favori avec le Maroc, et le Mali, seule nation encore présente à n’avoir jamais remporté la CAN. D’autant que le Sénégal, vainqueur au petit trot du Soudan en huitième (3-1), monte en puissance et retrouvera son roc, le capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu au tour précédent.
Les Lions de la Teranga s’appuieront une nouvelle fois sur leurs mousquetaires trentenaires (Edouard Mendy, Koulibaly, Idrissa Gueye et Sadio Mané), ainsi que sur la fougue sortie du banc, à l’image du Parisien Ibrahim Mbaye, 17 ans, plus jeune buteur en Coupe d’Afrique au XXIe siècle et plus jeune buteur sénégalais de l’histoire de la CAN. En face, les Aigles du Mali, entraînés par le tempétueux belge Tom Saintfiet, n’ont toujours pas gagné : ils ont fait trois matches nuls lors de la phase de groupe et remporté aux tirs au but leur huitième face à la Tunisie.
Maroc – Cameroun, duel de Lions
Balbutiant, incapable de faire taire les critiques qui s’abattent sur son jeu, le Maroc est toujours là, bien décidé à remporter «sa» CAN. Les hommes de Walid Regragui, qui tente d’endosser seul l’énorme pression populaire, ont battu petitement – mais logiquement – la modeste Tanzanie en huitièmes (1-0) grâce à un nouveau but de Brahim Diaz, meilleur buteur de la compétition (4 réalisations). Jamais mis en danger au tour précédent, les Lions de l’Atlas ont récupéré leur star et capitaine, Achraf Hakimi, remis de sa blessure à une cheville.
Mais ils vont connaître leur premier vrai test face à un Cameroun ressuscité. Les Lions indomptables, arrivés sens dessus dessous à la CAN, se sont métamorphosés en un temps record grâce au sélectionneur David Pagou, intronisé 20 jours avant le début du tournoi. En «mission» au Maroc, alors que personne ne les attendait, les quintuples champions d’Afrique ont prouvé une nouvelle fois qu’ils n’étaient jamais plus forts que dans l’adversité et pourraient légitimement créer la première sensation de la compétition en éliminant le pays hôte et archifavori.
Algérie – Nigeria, duel de cadors
Les Fennecs face aux Super Eagles, c’est le duel entre les deux seules équipes à être parvenues à remporter leurs trois rencontres du premier tour. Si l’Algérie a dû attendre les dernières minutes de la prolongation pour terrasser la RD Congo (1-0), elle n’a pas été franchement mise en danger par les Léopards, s’appuyant comme depuis le début du tournoi sur une solide défense (un but encaissé). Complète, elle peut aussi compter sur un capitaine efficace, Riyad Mahrez (3 buts), un jeune milieu brillant, Ibrahim Maza (19 ans, Leverkusen) et un banc solide.
En face, le Nigeria, meilleure attaque avec 12 buts (dont 3 pour ses stars Victor Osimhen et Ademola Lookman), fait forte impression. Il ferait figure d’épouvantail si Osimhen ne faisait pas des siennes. Fâché de ne pas être servi par Lookman lors du huitième face au Mozambique (4-0), il s’en est pris vertement à son partenaire et a boudé les célébrations. Selon une rumeur au pays, vite démentie par la fédération, il aurait même quitté la sélection pour regagner Galatasaray. L’enjeu pour le sélectionneur, Eric Chelle, sera de préserver la fragile unité du groupe.
Égypte – Côte d’Ivoire, duel de champions
L’Égypte, recordman du nombre de sacres (7), défie la Côte d’Ivoire, tenante du titre, avec en filigrane l’affrontement entre deux pensionnaires de la Premier League, la star de Liverpool Mohamed Salah (33 ans) et l’ailier de Manchester United Amad Diallo (23 ans). À l’image de sa vedette, l’Egypte n’est pas brillante, mais elle est sérieuse, solide et a passé sans trop d’encombres la phase de groupes et les huitièmes (victoire 3-1 après prolongations face au Bénin).
La Côte d’Ivoire, rajeunie depuis son titre de 2023, tente toujours de capitaliser sur son exploit à domicile. L’opération commando d’il y a deux ans a laissé la place à un système de jeu équilibré, en s’appuyant sur les deux redoutables flèches offensives, Yan Diomandé, 19 ans, et Diallo, qui s’affirme comme le patron des Éléphants.