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La formation continue explose au Luxembourg : les clés pour se lancer


En pleine période d'incertitude sur le marché de l'emploi, la formation continue fait le plein. (Photo: adobe stock)

À l’heure des bonnes résolutions, de nombreux salariés ajoutent une nouvelle formation à leur liste pour évoluer dans leur carrière ou se réorienter.

Avec la rentrée de septembre, le mois de janvier marque un autre temps fort de la formation continue au Luxembourg, maillon essentiel pour soutenir un marché de l’emploi qui s’essouffle.

En 2024/2025, ce sont près de 13 000 personnes qui ont participé aux différents cours proposés par le Luxembourg Lifelong Learning Center (LLLC) de la Chambre des salariés, entre cours du soir, séminaires, e-learning, certifications ou formations universitaires.

Des chiffres qui n’en finissent plus de grimper ces dernières années, notamment les cours dédiés aux seniors qui cartonnent – le nouveau programme devrait être dévoilé ces prochains jours.

La demande explose

Quant à l’administration de l’Emploi (Adem), elle organise toute l’année des formations sectorielles ciblant plus particulièrement les demandeurs d’emploi, et destinées à répondre aux besoins concrets des entreprises. Et là encore, une forte augmentation est enregistrée.

Depuis 2019, la part des personnes inscrites qui suivent une formation a en effet été multipliée par sept, avec 14 000 participants comptabilisés en 2024, soit plus du double par rapport à 2023.

Même constat à l’Institut national pour le développement de la formation professionnelle continue (INFPC), établissement sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale : en 2022 (derniers chiffres disponibles), 2 395 entreprises ont bénéficié de l’aide de l’État à la formation, un record pour ce dispositif.

40 millions d’euros d’aide de l’État

L’aide de l’État à la formation professionnelle continue avoisinait les 40 millions d’euros en 2022, en augmentation de 21 % par rapport à 2021. La moitié des entreprises avaient alors perçu, sur demande, plus de 5 094 euros d’aide, soit 162 euros d’aide en moyenne par salarié, et jusqu’à 389 euros par personne dans les petites structures de moins de 10 employés.

Plus concrètement, cela représente 10 % des entreprises au Luxembourg et pas moins de 60 % de l’ensemble des salariés : «Un niveau sans précédent», soulignait l’Observatoire de la formation dans une note en décembre.

Quelles possibilités pour se former?

Pour les salariés prêts à se lancer, plusieurs possibilités sont offertes, à commencer par les formations dispensées en interne, directement par l’employeur, ou alors auprès d’un organisme externe, avec des aides financières sous conditions dans les deux cas.

Le LLLC

Pour trouver votre future formation, vous pouvez consulter le catalogue du LLLC, avec plus de 500 formations dans 16 secteurs, de la bureautique au droit, de la logistique au management, de la communication à la finance, en passant par les langues et l’IA.

Des modules et formations courtes sont proposés tout au long de l’année dans plusieurs formats :

  • en présentiel
  • en blended learning (combinant présentiel et distanciel)
  • en classe virtuelle (cours à distance en temps réel ou différé)
  • en e-learning (à chacun son rythme)

L’Adem

L’Adem propose à la fois des formations gratuites, sur demande de l’employeur, y compris des cours de langue à visée professionnelle, des formations spécialisées en collaboration avec des prestataires réputés, et peut même accorder une aide sous conditions aux demandeurs d’emploi inscrits, qu’ils soient indemnisés ou non.

L’INFPC

La plateforme Lifelong Learning gérée par l’INFPC accompagne les particuliers et les entreprises dans leurs démarches avec plus de 13 000 formations référencées par près de 320 organismes de formation agréés.

Trouvez votre formation dans des domaines tels que l’informatique, les langues, la finance, le commerce, et même le développement personnel.

Et d’autres encore

Des formations sont aussi organisées par l’Université du Luxembourg, par le CNFPC, organisme public implanté sur plusieurs sites, par le Digital Learning Hub à Belval avec des cours axés sur les métiers du numérique, par la Chambre des métiers, regroupant les entreprises de l’artisanat, ou encore la House of Training, avec près de 1 500 modules dans 23 domaines d’activité.

Comment organiser son temps? 

Lorsqu’on est salarié, pas facile de concilier son activité avec une formation qui demande du temps. Pour s’en dégager tout en maintenant son salaire, il existe un congé individuel de formation qui peut couvrir jusqu’à un tiers de la durée investie en formation continue (cours, examens, etc.)

Celui-ci est actuellement limité à 80 jours par carrière professionnelle (maximum 20 jours sur deux ans), mais la Chambre des salariés milite pour augmenter ce plafond afin de pouvoir suivre des formations longues et qualifiantes.

Les principaux freins à la formation sont le manque de temps et de moyens financiers. (Photo: adobe stock)

Vous pouvez aussi opter pour un congé sans solde pour formation. Celui-ci est non rémunéré et suspend temporairement le contrat de travail pour six mois consécutifs maximum (cumulable jusqu’à deux ans maximum par employeur).

Enfin, si vous souhaitez apprendre le luxembourgeois, il existe un congé linguistique octroyant 200 heures de formation (sous conditions, et réparties sur la carrière).

Quelles aides financières?

Pour soutenir la formation continue, les frais de formation en lien avec une activité salariée sont déductibles des impôts, tout comme les droits d’inscription ou l’achat de manuels spécifiques (frais d’obtention).

Les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier d’une prise en charge partielle des frais de formation par l’Adem s’ils présentent un projet professionnel motivé. Et s’il s’agit d’une formation universitaire, elle peut être éligible à une bourse d’études (sous conditions).

Retrouvez toutes les infos sur vos droits en tant que salarié en matière de formation dans la brochure éditée par la CSL.

«Face à l'incertitude, les gens se tournent vers la formation»

Pour Claude Cardoso, conseiller de direction à la Chambre des salariés, ce sont les tensions sur le marché du travail qui poussent les salariés à davantage se former.

«Quand on est dans des périodes un peu compliquées, que les gens craignent pour leur emploi, comme c’est le cas en ce moment par rapport à l’IA par exemple, ils prennent les devants et se tournent vers la formation pour renforcer leur employabilité.»

Les cursus universitaires pris d’assaut

Un phénomène qui a particulièrement touché les cursus universitaires à la rentrée dernière. «Nos masters et bachelors – on en propose une quinzaine – ont été pris d’assaut en septembre. On a même dû refuser certains candidats, c’est une première.»

Et qui s’observe aussi dans les cours du soir liés directement à l’intelligence artificielle. Le LLLC, qui avait déjà étoffé son offre en la matière, ouvrira encore de nouvelles formations dédiées l’an prochain. En attendant, «l’IA est déjà incorporée dans une large partie de nos cours existants.»

La formation continue a fait l’objet d’un volet spécial dans la dernière enquête Quality of Work, dont les résultats seront présentés dans les prochaines semaines.

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