Donald Trump a encore subjugué, pour les bonnes et les mauvaises raisons, la planète entière. Il a sorti de sa manche la Delta Force, qui est allée kidnapper le président vénézuélien Nicolas Máduro dans une «forteresse» tout en bombardant des sites militaires. Samedi, lors d’une conférence de presse qui restera encore une fois dans les annales, il a jubilé après cette nouvelle victoire et donné le ton. Le Venezuela sera placé sous administration américaine et gare aux proches de Maduro qui voudraient reprendre le pouvoir. C’en est fini du trafic de drogue entre ce pays et les États-Unis et, plus important, les pétroliers américains vont pouvoir revenir exploiter les richesses du pays d’Amérique du Sud. Le scénario est magnifique. Tout est bien qui finit bien. Soyons réalistes : pas vraiment. Tout commence en fait.
Les Vénézuéliens sont maintenant plongés dans l’inconnu. Le régime de Maduro, bien plus dur que celui de Chávez, ne va pas disparaître du jour au lendemain avec le départ de son chef. L’ensemble des militants qui soutenaient le leader bolivarien ne vont pas déposer les armes avec l’idée d’être embauchés chez Texaco. Les trafiquants de drogue ne vont pas décider d’abandonner leur commerce : le marché américain est bien trop lucratif. Le coup de main des forces américaines ne résout qu’une infime partie du problème vénézuélien. L’avenir s’annonce chaotique pour le pays.
Et que dire encore des commentaires de Trump et de son complice Rubio. Ils ont clairement annoncé que c’était un avertissement aux autres présidents, légitimement élus ceux-là, du continent. Baissez les yeux ou on s’occupera de vous. Cette politique américaine en Amérique du Sud n’est pas neuve et n’a pas forcément porté ses fruits… surtout pour les habitants des pays concernés. Et c’est ainsi qu’est apparu au Venezuela un homme comme Chávez porté par une partie de son peuple en colère. Vous avez dit que l’histoire se répète? Nous verrons, dans quelques années, dans quel état se trouve le Venezuela, l’Amérique du Sud… et le reste du monde.