Quest Market Intelligence, entreprise spécialisée dans les études de marché, a interrogé les résidents sur le bilan de l’année écoulée. Un bilan plutôt morose.
Réalisé entre «le 16 et le 24 décembre 2025, un sondage spontané auprès de la population résidente» a été mené par Quest Market Intelligence «afin d’évaluer la perception de l’évolution du pays en 2025». L’enquête repose sur 600 interviews et sur un échantillon représentatif selon le sexe, l’âge et la nationalité.
Le tableau général est plutôt maussade : «Les résultats dressent un tableau contrasté, marqué par des perceptions négatives dans plusieurs domaines clés», résume Quest. Dans le détail, l’entreprise pointe trois champs où l’attitude est «majoritairement critique» : cohésion européenne, questions sociales et pression ressentie sur les finances des ménages.
La cohésion européenne arrive en tête des inquiétudes : «62% des répondants estiment que l’Union européenne a reculé dans sa capacité à avancer ensemble», note Quest. Dans un pays traditionnellement très favorable au projet européen, l’entreprise y voit un sentiment d’impuissance face aux imperfections du projet européen et aux menaces perçues dans un contexte international tendu.
La question sociale a aussi été sondée : «51% des répondants estiment que le pays a reculé en 2025, dont 20% qui évoquent un recul net». Un sentiment lié, selon Quest, au débat public sur les réformes sociales, jugé très conflictuel. «La population ne juge plus uniquement ce qu’elle vit, mais aussi ce qu’elle redoute», indique-t-il encore.
Côté finances personnelles, «49% des répondants estiment que le pays a reculé, dont 19% de manière nette ; 34% n’observent pas de changement». Et sur l’avenir des pensions et systèmes sociaux, les sondés semblent divisés, puisque 41% estiment que le pays évite ou refuse le débat, contre 37% qui voient le débat commencer à s’ouvrir.
Sur les thèmes liés à l’environnement, les jugements sont là aussi peu nuancés : «La perception globale apparaît légèrement négative, mais l’environnement semble avant tout être devenu un thème silencieux, sans dynamique clairement identifiable.»
Interrogés aussi sur l’attitude du Luxembourg envers les entreprises et l’activité économique, la plupart des répondants n’ont pas remarqué de changement en 2025. «Pour une majorité de la population, le changement de posture du gouvernement et ses actions restent peu perceptibles», note l’institut, ajoutant que «les enjeux et arbitrages de la politique économique semblent difficiles à rendre lisibles pour le grand public».
Seule éclaircie dans ces perceptions, la modernisation, la digitalisation et la simplification des services publics, qui font l’objet d’une appréciation nettement plus favorable: «50% des répondants estiment que le pays a progressé.»
Ces données, qui montrent «une population souvent négative et fréquemment hésitante dans son jugement», font s’interroger Quest : «La population a-t-elle besoin d’un narratif plus mobilisateur, au-delà des réalités politiques quotidiennes?»