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[Magazine] Rio de Janeiro, plus en vogue que jamais


Photo : afp

Malgré sa réputation violente, la Ville merveilleuse fait le plein, au point d’avoir accueilli en 2025 deux millions de touristes. Un record qui n’est pas seulement dû aux plages, au Pain de sucre et au Christ rédempteur. Ambiance. 

Effet Lady Gaga? Impact des réseaux sociaux? Prix attractifs? Attrait inaltérable des plages et de la fête? Un peu de tout cela. Rio de Janeiro a accueilli près de deux millions de touristes étrangers cette année, un record, malgré l’insécurité. «Aujourd’hui, il n’y a pas de basse saison à Rio», observe ainsi Julia Zany, propriétaire de deux auberges de jeunesse dans des quartiers touristiques. «Quand on pense au Brésil, on pense à Rio de Janeiro!», dit encore cette routarde qui a visité plus de 30 pays.

Ce n’est plus seulement entre le réveillon du 31 décembre (avec ses feux d’artifice grandioses) et le célèbre carnaval que la Ville merveilleuse aux 6,7 millions d’habitants fait le plein. Et si les plages, le Pain de sucre et le Christ rédempteur au sommet de la colline du Corcovado restent incontournables, les circuits alternatifs ont le vent en poupe. C’est notamment de nuit que la magie opère, entre la samba dans de petits bars de quartier et les méga-concerts gratuits de pop stars internationales comme Madonna en 2024 ou Lady Gaga cette année sur la plage de Copacabana.

Le tout copieusement relayé sur les réseaux sociaux, dans une ville truffée de lieux volontiers qualifiés d’«instagrammables». La revue britannique Time Out ne s’y est pas trompée. En tête de son classement des rues les plus «cools» du monde, elle a placé la Rua do Senado. En plein centre-ville de Rio, cette artère aux vieux édifices coloniaux a été redynamisée ces dernières années par l’ouverture de lieux branchés. Les terrasses débordent sur la voie dans un joyeux et bruyant désordre.

Mais Rio rime aussi avec violence. En octobre, plus de 120 personnes ont été tuées dans des favelas de la ville lors de l’intervention policière la plus meurtrière de l’histoire du pays. Cela a braqué de nouveau les projecteurs sur ces quartiers pauvres gangrenés par le trafic de drogue. Selon l’ONG Acled, le Brésil a occupé la septième position du classement des pays les plus dangereux du monde en 2025, après avoir été sixième l’an dernier.

Quand on pense au Brésil, on pense à Rio de Janeiro!

«Si on ne va pas aux mauvais endroits, je crois que rien ne va arriver», tempère Amélie, une touriste allemande qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Nous nous sommes sentis en sécurité tout le temps que nous avons passé ici.» Selon l’agence brésilienne de promotion internationale du tourisme Embratur, quelques 1,97 million de touristes étrangers ont visité Rio de Janeiro de janvier à novembre.

Record battu, avec une augmentation de 46% par rapport à la même période de 2024. Une croissance même supérieure à la moyenne nationale (+40%, pour un total de 8,3 millions de visiteurs étrangers). Cet afflux massif de visiteurs ne plaît pas à tout le monde. Cecile Mendonça, qui habite près du point de départ du petit train qui mène au Corcovado, peste contre les embouteillages, les plages bondées et la recrudescence des vols dans la rue. «Parfois, j’ai juste envie de m’enfuir», confie-t-elle.

Ces préoccupations semblent bien lointaines pour Belen Moral, qui sirote une caipirinha sur la plage d’Ipanema. «Le Brésil sera toujours mon premier choix», dit cette touriste argentine venue à Rio pour son enterrement de vie de jeune fille. Et pas seulement pour la beauté des paysages : «Le taux de change est avantageux», explique-t-elle. La mairie a aussi fortement investi dans les campagnes sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, pour «donner de la visibilité à Rio en tant que destination touristique», selon l’agence municipale de tourisme Riotur.

Nicolas Belissent, Franco-Américain vivant au Royaume-Uni, est enchanté par la chaleur de Rio – à tous les sens du terme. «Il y a des villes où il fait chaud toute l’année aux États-Unis, mais ce qui m’attire à Rio, c’est que tout le monde s’amuse ensemble dans la rue, peu importe l’âge ou l’origine.»

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