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Khashoggi : il est grand temps que l’ONU agisse, exige sa fiancée


Hatice Cengiz, la fiancée de feu Jamal Khashoggi, a assisté le 3 mars, à Washington, à une conférence de presse demandant à l'administration Trump de divulguer les détails du meurtre. (Photo : AFP)

L’inaction des Nations unies après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi soulève des questions sur la crédibilité de l’organisation, a estimé sa fiancée.

Il est grand temps que l’ONU et la communauté internationale agissent contre les responsables de ce meurtre, a affirmé Hatice Cengiz, lors d’une conférence de presse cette semaine à Genève, en marge du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH). La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, de passage aussi à Genève, a également jugé « décevante » la réponse du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Fin juin 2019, l’experte française avait affirmé avoir rassemblé suffisamment de « preuves crédibles » pour justifier l’ouverture d’une enquête internationale sur l’assassinat de Jamal Khashoggi le 2 octobre 2018 au consulat d’Arabie saoudite d’Istanbul et demandé au chef de l’ONU de la déclencher. Le porte-parole d’Antonio Guterres avait répondu que le secrétaire général n’en avait pas le pouvoir et qu’il fallait qu’au moins un État membre de l’ONU en fasse la demande. Critique du régime saoudien après en avoir été proche, le journaliste a été étranglé et son corps découpé en morceaux par une équipe de 15 hommes venus de Riyad, selon les responsables turcs. Ses restes n’ont jamais été retrouvés. Cette opération a terni l’image du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, soupçonné par certains d’être le commanditaire du meurtre.

Le secrétaire général de l’ONU pointé du doigt

L’assassinat a été condamné par la communauté internationale, mais ces critiques sont restées sans suite, « mettant en doute la crédibilité de l’ONU », a déploré Hatice Cengiz, appelant la communauté internationale à enquêter. Fin décembre, cinq Saoudiens poursuivis pour l’assassinat du chroniqueur du Washington Post ont été condamnés à mort par un tribunal de Riyad, qui a disculpé deux des principaux suspects, un conseiller royal et un chef du renseignement. Pour Agnès Callamard, qui en tant qu’experte indépendante ne s’exprime pas au nom de l’ONU, l’inaction internationale « remet fortement en question la capacité de la communauté internationale à demander des comptes aux gouvernements ».

Lors d’un entretien, elle a appelé le chef des Nations unies à être plus audacieux, reconnaissant que l’ONU manquait de moyens d’actions face aux assassinats ciblés. « Il est décevant que le secrétaire général n’ait pas fait ou pas dit grand-chose sur cet assassinat », a-t-elle affirmé, accusant l’ONU d’être « beaucoup trop politisée pour mener une véritable enquête sur un assassinat ciblé ». L’experte a également appelé la Turquie à juger par contumace les responsables du meurtre et critiqué les pays qui se rendraient au sommet du G20 à Riyad à en décembre.

LQ/AFP

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