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Violence, corruption et Trump : ce qui attend le nouveau président du Mexique


La lutte contre la corruption était au cœur de la campagne de Andrés Manuel Lopez Obrador. (photo AFP)

De la violence liée au trafic de drogue à la relation compliquée avec les États-Unis, de nombreux défis attendent le vétéran de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador, qui a remporté dimanche une victoire écrasante à l’élection présidentielle au Mexique et prendra ses fonctions en décembre.

L’année 2017 a enregistré le chiffre record de 25 324 homicides, selon les autorités. La violence a aussi marqué la campagne électorale, avec plus de 150 hommes politiques assassinés dont 48 candidats ou pré-candidats. « Les groupes criminels se battent pour la culture du pavot à opium, la distribution d’héroïne et je pense que la violence ne diminuera pas avant longtemps », explique Mike Vigil, ancien agent de la DEA, l’agence anti-drogue américaine. Le président « aura besoin d’une stratégie très différente », pense l’expert, se référant à l’utilisation des forces armées pour lutter contre le crime organisé, ce qui a contribué à fragmenter les cartels en cellules plus petites et plus violentes.

Mike Vigil estime que combattre la violence passe par la formation de la police locale et la lutte contre la corruption parmi les dirigeants. Il faut attaquer tous les acteurs du crime « de haut en bas », notamment « ceux qui protègent ces groupes criminels » dit-il.

La lutte contre la corruption était au cœur de la campagne de Andrés Manuel Lopez Obrador. C’est aussi l’un des problèmes qui génère le plus de colère chez les Mexicains. Le gouvernement du président Enrique Peña Nieto a été impliqué dans plusieurs scandales, dont l’achat par sa femme d’une luxueuse maison d’une valeur d’environ 7 millions d’euros, auprès d’un promoteur bénéficiant de contrats publics. « Il y a une perception beaucoup plus aigüe qu’avant de de la corruption » explique Arturo Sánchez, universitaire du Tecnológico de Monterrey. Selon lui, « le thème de la corruption a cristallisé la colère et l’exaspération de la société » et les électeurs vont faire pression en permanence sur le nouveau gouvernement pour qu’il remédie à ce problème.

Pour « une relation d’amitié » avec les États-Unis

L’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), que le Mexique renégocie actuellement avec les États-Unis et le Canada, obstrue l’horizon économique du pays. Pour le Mexique, deuxième économie d’Amérique latine, il est essentiel de trouver un accord, 80% de exportations mexicaines prenant la direction des États-Unis, son principal partenaire commercial. Les négociations devraient reprendre en juillet et se poursuivre jusqu’en 2019. « Pour parvenir à un accord, il faut que les États-Unis assouplissent leur position », estime le cabinet Eurasia dans une note à ses clients.

Le secteur automobile est au cœur des discussions. Sans se référer spécifiquement à l’Alena, Lopez Obrador a indiqué vouloir chercher une « relation d’amitié et de coopération ». Cependant, les analystes s’attendent à ce que la relation avec les États-Unis continue d’être compliquée sous l’administration de Donald Trump. La question des migrations a attiré l’attention internationale alors que des centaines de familles fuient la violence des gangs en Amérique centrale et la pauvreté pour demander l’asile aux États-Unis ou éventuellement au Mexique.

Le phénomène a été compliqué par la position anti-immigration du gouvernement de Donald Trump, qui a ordonné la séparation des familles à la frontière et accuse régulièrement le Mexique de « ne rien faire » pour empêcher les migrants d’atteindre la frontière américaine. Le nouveau gouvernement mexicain devra « promouvoir le développement régional » afin que les Centraméricains ne quittent plus leur pays.

Le Quotidien/AFP

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