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Riyad sous le feu des Houthis


Des combattants fidèles aux autorités houthies participent à un rassemblement visant à recruter de nouveaux combattants, ce mercredi, à Sanaa. (Photo : afp)

Des dégâts sur une maternelle, écoliers à l’abri, et un aéroport ciblé à répétition : Riyad a connu jeudi l’un des épisodes les plus violents depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

L’ampleur et la fréquence des attaques sont inédites en huit mois d’une guerre régionale déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran.

Si les armes se sont globalement tues entre Washington et Téhéran – Donald Trump a annoncé jeudi qu’il excluait d’attaquer l’Iran avant les législatives du 3 novembre aux États-Unis – le front principal est aujourd’hui celui opposant le mouvement houthi pro-iranien aux forces gouvernementales yémenites, et à l’Arabie saoudite qui les soutient.

«Des fragments de missile sont tombés à Riyad après l’interception d’un missile balistique, causant des dégâts matériels à une maternelle et à un complexe médical», a indiqué la Défense civile sur X, sans faire état de victimes. Une déclaration rare de la part des autorités saoudiennes, qui ne communique que très peu sur les dommages causés par des attaques aux infrastructures civiles.

Les Houthis ont revendiqué à deux reprises dans la journée des tirs sur l’aéroport international de la capitale, exhortant à nouveau les compagnies aériennes à éviter le ciel saoudien.

Riyad a déclaré avoir intercepté les missiles, mais l’aéroport a demandé aux passagers de vérifier auprès de leur compagnie que leur vol n’était pas annulé avant de s’y rendre.

Les explosions ont été entendues jusqu’au cœur de la capitale saoudienne, poussant des diplomates à se mettre en lieu sûr dans le quartier diplomatique. Des écoles internationales ont aussi pris des précautions, selon les témoignages d’habitants, les enfants se réfugiant dans certains cas au sous-sol par mesure de sécurité.

Les combats se poursuivent au Yémen

Les hostilités entre les Houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d’une décennie, et le gouvernement, se sont réveillées en juillet après des années d’accalmie, devenant le nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.

Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et ont appelé jeudi le personnel de ces sites à partir.

Ces derniers jours, la pression s’est accentuée sur les infrastructures aéroportuaires. Mercredi, les autorités aériennes avaient déploré trois morts et des dizaines de blessés après des attaques sur deux aéroports du pays, alors que l’Arabie saoudite est parallèlement engagée dans une contre-offensive sur le sol yéménite.

Parallèlement, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement lundi de l’opération «Aube du Yémen» lancée par les forces gouvernementales avec l’appui aérien de Riyad.

Sur la seule journée de jeudi, les affrontements dans le sud-ouest du pays ont fait au moins 83 morts, ont indiqué des sources militaires dans les deux camps. L’objectif est de faire reculer les Houthis, qui ont pris au terme d’une offensive éclair en septembre le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge, et renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

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