Accueil | Monde | L’Ukraine accuse Washington de retarder la livraison de missiles intercepteurs

L’Ukraine accuse Washington de retarder la livraison de missiles intercepteurs


(Photo : afp)

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé les États-Unis de retarder la livraison prévue de missiles intercepteurs, à la veille d’une rencontre rapportée avec l’émissaire américain Steve Witkoff en Norvège.

Depuis la semaine dernière, Donald Trump invective son homologue ukrainien et multiplie les déclarations ainsi que les gestes favorables à la Russie, alors que les deux belligérants ciblent quotidiennement leurs infrastructures énergétiques respectives, faisant craindre à Kiev un hiver particulièrement rigoureux. Le président américain s’est également dit prêt à rencontrer Vladimir Poutine.

Devant des sénateurs américains lundi soir, Volodymyr Zelensky a affirmé que «le Pentagone retarde la livraison de missiles déjà payés» par les Européens dans le cadre du programme PURL. Selon lui, ce lot «attend la signature de [Pete] Hegseth», le ministre américain de la Défense.

Le chef de l’État ukrainien a par ailleurs assuré que plusieurs pays européens étaient prêts à prélever sur leurs propres stocks des missiles pour les systèmes Patriot — les seuls en mesure d’intercepter les vecteurs russes les plus avancés —, mais que Kiev attend toujours «l’autorisation américaine».

«Les missiles sont prêts. Ils pourraient déjà se trouver en Ukraine. […] Mais malheureusement, l’autorisation n’a toujours pas été donnée», a déclaré M. Zelensky selon des propos retransmis par la présidence ukrainienne. «Tout cela laisse penser qu’une décision politique a été prise pour ralentir le soutien qui nous est apporté», a-t-il ajouté.

Déplacement de Steve Witkoff en Europe

Dans ce climat de forte tension diplomatique, le média américain Axios a rapporté que l’émissaire de la présidence américaine, Steve Witkoff, se rend en Europe cette semaine pour rencontrer séparément les dirigeants ukrainiens et russes.

Les discussions avec Volodymyr Zelensky, prévues à Oslo, réuniront l’Ukraine, les États-Unis et plusieurs pays européens, dont la France, «alors qu’ils cherchent à développer une proposition de paix à présenter à la Russie», indique le site en citant un responsable américain sous couvert d’anonymat. L’émissaire doit ensuite se rendre en Russie «où il espère rencontrer le président Vladimir Poutine et lui présenter des idées», selon la même source. La Maison Blanche n’a pas immédiatement confirmé ce déplacement.

L’Ukraine s’interroge ouvertement sur la pérennité du soutien de Washington, jugé vital face à Moscou. Donald Trump reproche à M. Zelensky d’alimenter la hausse mondiale des cours du carburant en frappant les raffineries russes, tout en estimant que Kiev ne cherche pas à mettre fin au conflit. Le président américain a par ailleurs conclu un accord imprévu avec Vladimir Poutine sur le fioul léger, au grand dam des autorités ukrainiennes.

«Honnêtement, je pense qu’il est temps que quelqu’un d’autre négocie au nom de l’Ukraine», a encore lancé Donald Trump lundi. Interrogé sur d’éventuels sommets avec ses homologues russe et chinois, il a ajouté : «Je le ferais, pas tant pour l’Ukraine parce que, franchement, la Russie a été bien sur l’Ukraine. Ils n’ont pas fait grand-chose récemment», disant vouloir aborder d’autres sujets comme la «dénucléarisation». De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué qu’une rencontre à trois avait «effectivement été évoquée», les dirigeants étant attendus en Chine pour un sommet économique les 18 et 19 novembre.

Partage de renseignement et couverture satellite restreints

Zelensky a également exprimé ses inquiétudes concernant des restrictions sur le partage du renseignement tactique américain — ce que Washington dément — ainsi que sur les limitations d’accès au réseau satellite Starshield de SpaceX sur certaines portions du front, deux éléments cruciaux pour les opérations militaires ukrainiennes.

Dans la nuit de dimanche à lundi, « encore une fois, il n’y a eu aucun avertissement préalable de nos partenaires » concernant une frappe de missiles balistiques russes, a déploré le président ukrainien sur le réseau X, signalant la répétition d’un scénario déjà observé la semaine précédente.

Sur le terrain, les combats et les frappes se poursuivent. Lundi soir, une attaque russe sur un parc de la région de Kharkiv (nord-est) a fait six morts, dont trois enfants, ont rapporté les autorités locales. Une frappe ukrainienne a quant à elle tué trois personnes à bord d’un véhicule de pompes funèbres dans la région de Louhansk contrôlée par Moscou, selon le dirigeant local installé par la Russie.

Depuis l’Ouzbékistan, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a pour sa part assuré lundi qu’il n’y avait eu «aucune pause» dans la transmission de renseignements à Kiev.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.