Le Statec prévoit une accélération progressive de la croissance d’ici 2030. Mais le taux de chômage continuerait de grimper jusqu’en 2027, les nouveaux emplois allant d’abord aux frontaliers.
L’économie luxembourgeoise sort lentement de l’ornière. Selon les projections à moyen terme publiées ce vendredi par le Statec, le PIB en volume progresserait de 1,2 % en 2026, puis de 1,9 % en 2027 et de 2,3 % en 2028, avant d’atteindre 2,4 % en 2030. Ces prévisions, actualisées fin août et transmises au ministère des Finances, ont d’ailleurs servi de base à l’élaboration du budget de l’État.
À court terme, la reprise reposerait surtout sur les exportations de services, surtout financiers, portées par la bonne tenue des marchés boursiers. Sur 2028-2030, la croissance serait de plus en plus tirée par le secteur privé non financier.
La situation reste pourtant fragile. Le Statec estime la croissance potentielle du pays à 1 % en 2026, contre une moyenne historique de 2,9 %. La faute à la faiblesse des gains de productivité depuis une décennie, à un marché du travail peu dynamique et au manque d’investissement. Ce potentiel ne remonterait qu’à 1,7 % en 2030, toujours selon les projections de l’Institut de la statistique.
Ce qui peut sembler paradoxal, c’est que l’emploi intérieur accélère (+1,7 % en 2026, +1,9 % en 2027) sans faire reculer le chômage. Le taux passerait de 6 % en 2025 à 6,3 % en 2026 et 2027. Les créations d’emplois profiteraient davantage aux frontaliers qu’aux résidents, sans effet notable sur le nombre de demandeurs d’emploi. Il faudrait attendre 2028 pour voir le chômage refluer, à 6,1 %, puis 5,8 % en 2029 et 5,4 % en 2030.
Le scénario reste suspendu à la situation au Moyen-Orient. En cas d’intensification de la guerre en Iran, les marchés boursiers pourraient reculer de près de 20 %, avec des répercussions directes sur l’activité financière.