La cour d’assises d’Arlon a entendu, mardi, des proches et des voisins de Mohammed Taoussi, accusé du meurtre de son fils de 3 ans.
Arlon : un homme accusé du meurtre de son fils de 3 ans
C’est un proche de Mohammed Taoussi qui est à l’origine de l’enquête sur la mort du petit Wassim, âgé de 3 ans. Son appel à la police s’est révélé déterminant et a permis l’ouverture de l’enquête.
«Mohammed Taoussi m’a téléphoné le 25 novembre. Je n’ai pas compris tout ce qu’il m’a dit, mais j’ai bien entendu qu’il me parlait de son fils et de l’hôpital. Je m’y suis donc rendu», explique le témoin, qui reconnaît ne pas être resté longtemps sur place. «J’ai vu Mohammed se mettre à genoux et pleurer. J’ai compris que c’était grave. Je ne voulais pas croiser son regard à ce moment précis et je suis donc parti», poursuit-il.
Sa compagne s’est, elle aussi, rendue à l’hôpital et a assisté à une scène qui l’a profondément choquée.
«J’étais dans une pièce avec le corps du petit, le père et la marraine de Wassim. Il a appelé sa famille au Maroc, puis s’est couché en pleurs sur le corps du petit. Il lui a ouvert les yeux et la bouche. Il a dit : « Wassim n’est plus dans son monde de gogols »», a-t-elle raconté à la cour d’assises, en pleurs.
C’est le récit de cette scène qui a décidé le témoin à appeler la police pour faire part de ses soupçons de maltraitance.
«Comme il avait dit qu’il retournerait au bled, je ne voulais pas qu’il quitte la Belgique s’il avait fait quelque chose au petit. C’est pour cette raison que j’ai téléphoné à la police après quelques heures de réflexion», explique-t-il.
Un appel qui a permis de déclencher l’enquête et sans lequel la mort de Wassim aurait probablement été considérée comme naturelle. Les déclarations du témoin ont également contribué à l’arrestation de l’accusé, ancien champion de karaté, et à sa comparution devant la cour d’assises.
Après l’audition des voisins et des proches de l’accusé, la Cour a entendu, mardi après-midi, des membres de la famille de la mère défunte de l’enfant.
L’oncle et la tante de la mère de Wassim ont ainsi été entendus. Ils ont évoqué les relations qu’ils entretenaient avec Mohammed Taoussi, qu’ils décrivent comme un homme plutôt discret et casanier.
Une éducation sévère
Le grand-oncle de Wassim a également expliqué qu’il trouvait Mohammed Taoussi sévère dans l’éducation qu’il donnait à son fils.
«Il donnait l’impression de vouloir le dresser», a déclaré le grand-oncle de la petite victime.
Il précise également que l’accusé se servait de la situation de son fils pour réclamer de l’argent à l’arrière-grand-père de l’enfant.
De son côté, la grand-tante s’interroge sur un éventuel diagnostic d’autisme chez Wassim et se demande si ses troubles ne relèveraient pas plutôt du syndrome de l’enfant secoué.
Entendue à son tour, la grand-mère maternelle de l’enfant a expliqué qu’elle n’avait jamais vu d’un bon œil la relation entre sa fille et l’accusé. Elle estime également que la grossesse était arrivée rapidement, voire trop rapidement.
Très vite après la naissance de Wassim, la vie du couple s’est fortement dégradée.
«Ma fille a dû abandonner son travail pour Mohammed et il n’appréciait pas qu’elle sorte et voie ses amis», a indiqué la grand-mère de Wassim.
Elle a également déploré le manque d’implication de Mohammed Taoussi dans la vie familiale. «Il ne participait que rarement aux réunions au cours desquelles ils se retrouvaient.» Elle ajoute qu’il refusait systématiquement l’aide qui lui était proposée.
Les auditions se poursuivront mercredi. La Cour entendra notamment les témoins de personnalité de l’accusé.
Selon le médecin légiste qui a examiné le corps du petit Wassim, l’enfant est décédé des suites d’un saignement intracrânien provoqué par des coups ou des secousses survenus moins de 12 heures avant son décès.
Le médecin légiste a également relevé d’importantes traces de strangulation, qui auraient elles aussi pu être à l’origine de la mort de l’enfant.
Outre ces lésions mortelles ou potentiellement mortelles, le médecin a constaté de nombreuses ecchymoses sur l’ensemble du corps de l’enfant. Celles-ci étaient principalement situées sur les membres supérieurs, le côté gauche du visage et l’arrière du crâne.
Le médecin légiste a affirmé que l’enfant n’aurait pas pu se causer lui-même de telles blessures.