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Restructuration chez Luxair : 587 salariés vont être recasés


Le gouvernement, le camp syndical et la direction de Luxair ont signé ce lundi un vaste plan de maintien dans l'emploi (Photo : hervé montaigu)

Gouvernement, syndicats et Luxair ont signé ce lundi un accord global pour permettre à la compagnie aérienne nationale de faire face aux turbulences provoquées par la pandémie. Ce sont 350 emplois qui vont disparaître. Il n’y aura toutefois aucun licenciement sec.

Aussi paradoxal que cela ne puisse paraître, ce lundi a été qualifié de «bonne journée» pour Luxair. Même si elle est contrainte de recaser quelque 600 salariés, la compagnie aérienne nationale dispose désormais d’une perspective à  moyen terme. «Nous espérons un retour à la normalité dans le secteur de l’aviation pour 2024», avance le ministre de la Mobilité, François Bausch, après avoir ficelé et finalisé le maintien dans l’emploi signé par le gouvernement, les syndicats OGBL et LCGB ainsi que la direction de Luxair.

Comme annoncé le 7 octobre dernier, il n’y aura aucun licenciement sec pour permettre à Luxair de restructurer son effectif. Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, s’est engagé à débloquer quelque 50 millions d’euros sur trois ans (2021-2023) afin de financer les instruments légaux que sont le chômage partiel, les préretraites, la cellule de reclassement et le prêt temporaire de main-d’œuvre. «Aucun salarié ne tombera à travers les mailles du filet social», promet François Bausch.

50 salariés «prêtés» à la Santé

Il est revenu au ministre du Travail et de l’Emploi, Dan Kersch, de présenter le détail du plan de maintien dans l’emploi. En fin de compte, 587 salariés sont concernés par l’accord signé ce lundi. Ils sont 157 à être placés en cellule de reclassement conjoncturelle. Leurs emplois seront maintenus. Ils pourront être mobilisés à tout moment par Luxair.

Par contre, 227 salariés seront placés en cellule de reclassement structurelle. Leurs emplois sont supprimés. Des formations doivent leur permettre de retrouver un emploi.

Ce sont 265 salariés qui vont pouvoir bénéficier dans les trois années à venir de la préretraite. «J’espère que la moitié des emplois liés à la préretraite pourront finalement être maintenus», affirme Dan Kersch. En fin de compte, Luxair prévoit la suppression de 315 emplois chez Luxair.

Comme demandé par la ministre de la Santé, Paulette Lenert, une cinquantaine de salariés de Luxair vont intégrer l’effectif de la cellule Covid-19. En parallèle, les exploitants du réseau de bus régional RGTR pourront demander à être renforcés temporairement par des chauffeurs de bus de Luxair.

Le réseau de vols maintenu

«Cet accord nous offre la flexibilité nécessaire. Selon les besoins, des membres du handling des avions pourront être transférés vers le cargo. Les équipages, pilotes inclus, se tiennent aussi prêts à tout moment», note Gilles Feith, directeur général de Luxair. La compagnie aurait entretemps trouvé le bon mode de fonctionnement «pour maintenir son réseau de vols afin d’assurer la connectivité du Luxembourg», même si cela se fait à perte.

Des vols de Luxair Tours seront notamment combinés pour permettre aux touristes de rejoindre leurs destinations. Une large offre pour les vacances d’hiver reste assurée.

David Marques

Le camp syndical salue l’accord

«Il n’est pas réjouissant que tous les emplois n’ont pas pu être sauvegardés. Mais le plus important est l’absence de licenciements et l’accompagnement social des salariés concernés», analyse Michelle Cloos, secrétaire centrale de l’OGBL.

«Rien n’est encore gagné. On ne sait pas ce qui nous attend demain. Désormais, il faut mettre en œuvre ce qui a été décidé», commente de son côté Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB.

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