La Maker Faire a rassemblé ce week-end plus de 120 exposants et près de 4 000 visiteurs au complexe sportif am Bongert, à Rosport, autour de nouvelles technologies, de la robotique et de la création artisanale.
Entre le laboratoire secret et l’atelier d’un savant fou, le complexe sportif am Bongert à Rosport s’est transformé, ce dimanche, à l’occasion de la cinquième édition de la Maker Faire. Organisée sur tout le week-end, cette foire réunit tous les deux ans des inventeurs, ingénieurs, artistes et bricoleurs afin de promouvoir l’innovation, l’imagination et, par-dessus tout, le «Do It Yourself». Traduit par «faites-le vous-même», le DIY est «un mouvement qui ne fait que croître», assure Eric Krier, président de l’ASBL Make it qui coordonne l’événement. «Trois quarts des gens sont des « makers », puisqu’il s’agit aussi bien de celui qui fabrique quelque chose pour son plaisir personnel, que de celui qui répare une étagère ou qui récupère des produits de réemploi pour créer quelque chose d’original.»
Au vu de l’animation qui règne, force est de constater que le Grand-Duché bouillonne d’inventivité : sur tout le week-end, plus de 120 exposants se sont rendus à Rosport et ont animé près de 55 stands et ateliers. La création n’ayant pas de frontière, quelques exposants venus de l’étranger et surtout d’Allemagne et de France étaient également présents, puisque «l’événement est devenu réputé dans la Grande Région», se réjouit Eric Krier. Ce dernier est également satisfait des près de 4 000 visiteurs accueillis sur deux jours.
Un robot acrobate
En arrivant sur place, le spectacle offert est saisissant. Dans un angle de la salle trône par exemple Max, un robot haut de presque cinq mètres et composé de sept batteries qu’il peut utiliser en tant que batteur pour le groupe de musique industrielle Ponytrap. Cette création impressionnante est l’œuvre de l’Américain Quentin Thomas-Oliver, violoniste et altiste, qui cherchait en vain un batteur pour son groupe, avec sa partenaire Hilary, et qui finira par en créer un de toutes pièces. «C’est fascinant», reconnaît Eric Krier, dont l’ASBL a pu organiser un miniconcert, samedi soir, de Ponytrap, associé au spectacle visuel «Symphony of fire».
Quelques pas plus loin, c’est un autre robot qui fait le show : Acrobot. Comme son nom le laisse deviner, il s’agit d’un robot avec des bras et des jambes, mais sans tête, capable de réaliser des figures acrobatiques. Originaire du monde du cirque, son inventeur Daniel Simu, artiste et ingénieur néerlandais, a mis au point un spectacle en duo aussi déconcertant qu’amusant pour les jeunes enfants présents.
«La réussite de notre événement, ce sont les contacts entre visiteurs et exposants. Voir des étincelles dans les yeux des jeunes, qui sont de futurs « makers », cela compense largement le travail de préparation», sourit Eric Krier. Les plus jeunes ont également pu croiser avec surprise l’iconique R2-D2 arpentant les stands du hall. Plus qu’une réplique, le droïde issu des films Star Wars était bel et bien fonctionnel grâce au travail de passionnés membres du club allemand «R2 Builders Club e.V.».
Valoriser la jeunesse
En dehors des robots, les stands regorgent d’inventions et de créations manuelles en tout genre : une bicyclette avec un moteur à réaction au kérosène, un détecteur automatique de frelons, de l’aéromodélisme, des consoles de jeux vidéo artisanales, les robes futuristes d’Anouk Wipprecht (lire ci-contre) ou encore un appareil de radioamateur.
Coorganisée étroitement avec le musée Henri Tudor, installé à deux pas du complexe sportif, la Maker Faire a pour objectif de divertir mais aussi de perpétuer l’esprit de création de cet illustre inventeur luxembourgeois. Originaire de Rosport, il avait inventé les premiers modèles industriels d’accumulateurs d’électricité au plomb, tout en mettant au point les premiers éclairages électriques publics et privés du Grand-Duché.
Aujourd’hui, son héritage transparaît à travers les jeunes exposants. Parmi les stands, on retrouve notamment des représentants des «Makerspaces» du Bouneweger Lycée ou du lycée Vauban, dont cinq élèves ont remporté en octobre dernier la médaille d’argent aux Jeux olympiques de la robotique en Corée du Sud. «Chez nous, les jeunes peuvent démontrer leurs compétences et entrer en contact avec les adultes, qui sont déjà plus spécialisés», fait savoir Eric Krier, qui espère ainsi faire naître des vocations à chaque nouvelle édition.
Marraine d’honneur de la Maker Faire cette année, Anouk Wipprecht est une designer et ingénieure néerlandaise, mondialement reconnue comme l’une des pionnières de la fashiontech, à la croisée de la haute couture et de la robotique. Elle conçoit notamment des vêtements interactifs tels que la «Spider Dress», une robe équipée de bras mécaniques qui se déclenchent en cas d’intrusion dans l’espace personnel de la porteuse, ou la «Pangolin Dress», une robe qui réagit à l’activité cérébrale.

Des radioamateurs luxembourgeois et allemands présentaient leur outil «fait maison» capable de communiquer à travers le monde entier.

Des répliques fonctionnelles du robot R2-D2 et autres petits droïdes de la saga Star Wars étaient présentes.