Quelques jours après la montée au créneau de l’opposition dans l’affaire des 400 000 euros envolés, le LSAP et le CSV tiennent à clarifier leur position.
Nouveau chapitre dans le scandale qui ébranle la vie politique de Differdange depuis plus de deux semaines. Alors que les enquêteurs tentent toujours de lever le voile sur les auteurs de la fraude qui a coûté 400 000 euros à la commune en mai dernier, majorité et opposition se disputent la question de la transparence dans cette affaire.
Les faits délictueux ont eu lieu en mai de cette année lorsque des escrocs ayant piraté un bureau d’architectes en charge des travaux de l’hôtel de ville de Differdange ont réussi à se faire virer près d’un demi-million d’euros par la commune. La fraude a été constatée lorsque le bureau s’est plaint auprès de la Ville de ne pas encore avoir reçu les fonds.
Mercredi, déi gréng, déi Lénk et le DP ont avancé lors d’une conférence de presse exceptionnelle qu’ils regrettaient le manque de communication de la majorité à ce sujet. Les partis d’opposition ont affirmé n’avoir entendu parler de la fraude que lors du conseil communal du 30 septembre, en même temps donc que les citoyens et la presse. Dès lors, les informations ont été divulguées petit à petit jusqu’au 9 octobre, date à laquelle la majorité a finalement communiqué la chronologie des événements. Une mauvaise façon de procéder d’après la représentante de l’opposition Laura Pregno (déi gréng), qui lançait ces termes forts : «La confiance est rompue.» L’opposition a demandé à cette occasion d’investir davantage dans la cybersécurité.
En outre, nos confrères du Tageblatt ont dévoilé cette semaine que le bureau d’architectes au cœur de cette affaire avait prévenu la commune de Dudelange d’une cyberattaque de ses services, ce qui a permis d’éviter à une seconde commune de se faire escroquer.
Ce vendredi, la majorité LSAP-CSV a décidé de donner sa version des faits. Elle affirme avoir réagi immédiatement une fois l’incident porté à sa connaissance. La Ville a tout de suite déposé une plainte pénale, a contacté les banques concernées afin de lancer les démarches pour retracer et récupérer le montant transféré, et a informé le bureau d’architectes concerné. Ce dernier a alors également déposé une plainte contre X.
Recontextualiser les faits
La majorité en place regrette la prise de position de l’opposition dans l’espace médiatique, avançant que celle-ci a eu lieu sans prendre en compte de nombreuses informations. Par exemple, selon le LSAP et le CSV, ce n’est pas le serveur du bureau d’architectes qui a été compromis, mais son adresse e-mail qui a été piratée. Tout aussi fausse, ou pour le moins trompeuse d’après eux, est l’affirmation selon laquelle le bureau d’architectes aurait préalablement informé la commune de la fraude. Ils déclarent que la comparaison avec le cas de Dudelange n’est pas appropriée non plus. Il s’agissait d’une situation différente dans laquelle un lien de phishing a joué un rôle.
Selon la majorité, l’affaire renvoie au second plan les efforts déployés par la commune en matière de cybersécurité dans les mois précédant l’incident. Elle a fait progresser la mise en œuvre des exigences de la directive NIS-2 et a déjà mené ses propres audits de sécurité. Ces efforts montrent que la commune aborde la protection de son infrastructure informatique de manière systématique et travaille continuellement à l’amélioration de ses dispositifs de sécurité.
En attendant les résultats de l’enquête, la tension ne redescend pas à Differdange.