Des failles repérées grâce à l’intelligence artificielle (IA) dans un protocole de programmation très utilisé sur internet ont entraîné mercredi la mise hors ligne de milliers de sites à titre de précaution, une illustration de la nouvelle donne qu’impose l’IA à la cybersécurité.
L’agence américaine de renseignement NSA et le Centre national britannique de cybersécurité (NCSC) avaient recommandé à tous les sites utilisant le protocole de programmation PHP de se déconnecter avant d’avoir mis à jour le logiciel.
En Europe, de très nombreuses plateformes ont été suspendues, notamment celles de toutes les préfectures en France, à la demande de l’Agence de sécurité des systèmes informatiques (Anssi). En Finlande, le portail internet du gouvernement a indiqué que «les sites Internet du gouvernement (étaient) totalement ou partiellement indisponibles». Des plateformes de service public et de collectivités ont également été mises hors ligne au Royaume-Uni, en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas et en Belgique.
Au Luxembourg, les failles critiques ont conduit les autorités à renforcer leurs mesures de cybersécurité. La cellule d’évaluation du risque cyber (CERC) appelle les exploitants de systèmes concernés à installer rapidement les correctifs publiés mercredi, voire à suspendre temporairement leurs services. Par précaution, le Centre des technologies de l’information de l’État (CTIE) a déjà rendu certains services indisponibles.
Le PHP, abréviation d’Hypertext Preprocessor, permet d’instaurer une passerelle entre un site internet et un serveur abritant des bases de données.
Le spécialiste de cybersécurité Palo Alto Networks a indiqué mercredi avoir identifié 22 millions de plateformes exposées à ces vulnérabilités.
«PHP fait tourner environ 70 % du web mondial», a décrit Sagi Tzadik, chercheur au sein du spécialiste de cybersécurité Wiz, dans un podcast publié par l’entreprise mercredi.