Le gouvernement met à la disposition des citoyens une large palette d’aides pour réussir une transition énergétique rapide et efficace. La Chambre vient ainsi de prolonger jusqu’en juin 2030 le dispositif de primes visant à accroître le parc de véhicules 100 % électriques (lire ci-dessus). En parallèle, les subventions pour l’installation de bornes de recharge ont été prorogées, tant dans les maisons individuelles que, désormais, dans les copropriétés. Le réseau public suit également la cadence. Fin 2025, près de 1 000 bornes étaient intégrées au réseau national Chargy, dont 86 stations de recharge ultrarapides.
Dès janvier 2027, juste à temps pour l’Autofestival, les aides à l’achat d’un véhicule électrique pourront être directement déduites du prix d’achat par le concessionnaire. Les primes restent fixées à 6 000 euros pour les voitures les plus économes en énergie, 3 000 euros pour les modèles légèrement plus énergivores et 1 500 euros pour les véhicules électriques d’occasion d’au moins trois ans. Le gouvernement y voit un «boost essentiel» pour renforcer l’électromobilité au Luxembourg. Le même levier est activé pour stimuler l’installation de panneaux photovoltaïques et de pompes à chaleur ainsi que les travaux d’assainissement énergétique.
On est pourtant encore loin du compte. Fin 2025, les voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables représentaient à peine 12,5 % du parc automobile luxembourgeois. Malgré une hausse des immatriculations, avec un record de 36 % en septembre, il paraît désormais illusoire d’atteindre l’objectif de 49 % du parc en 2030. Le récent choc des prix à la pompe, combiné aux aides et à leur préfinancement, pourrait néanmoins contribuer à accélérer la transition. L’État débloque des moyens considérables pour soutenir l’électromobilité : jusqu’à 94 millions d’euros pour les primes à l’achat et 13 millions d’euros pour l’installation de bornes individuelles.
A priori, le Luxembourg n’est donc pas près de cautionner l’assouplissement de l’interdiction de vendre de nouvelles voitures thermiques à partir de 2035. Une initiative en trompe-l’œil promue par l’Allemagne. Car maintenir artificiellement en vie une technologie du passé ne sauvera ni l’industrie automobile ni le climat.