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[Sports mécaniques] Des compétitions en péril à cause des guerres


Yamaha a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne se rendrait pas au Qatar la semaine prochaine. (Photo : afp)

Les guerres au Moyen-Orient mettent en péril les dernières courses de sports mécaniques de l’année dans le Golfe.

Pour des assureurs en risques politiques et sécuritaires dans cette région et pour les événements sportifs internationaux, il faut trouver «des plans B» et «ne pas aller» au Qatar et aux Émirats arabes unis, censés accueillir en novembre et décembre des GP, coûtant chacun des dizaines de millions de dollars.

Annuler ces courses de MotoGP (6-8 novembre) et de F1 (27-29 novembre) au Qatar et la dernière de la saison à Abou Dhabi (4-6 décembre), «c’est négatif» pour ces pétromonarchies du Golfe en quête de «soft power» par le sport et le tourisme, note Simon Grignon, spécialiste des risques au Moyen-Orient.

Mais les maintenir devant des dizaines de milliers de spectateurs et des dizaines de millions d’autres derrière leurs écrans et qu’«il se passe quelque chose, c’est encore pire», prévient-il.

Les craintes d’une catastrophe humaine sont relancées par les menaces d’une reprise de la guerre entre les États-Unis de Donald Trump alliés d’Israël et l’Iran, un conflit qui a bouleversé la sécurité et l’économie dans le Golfe depuis février.

En avril, les GP de F1 à Djeddah (Arabie saoudite) et à Bahreïn ont été annulés mais ce dernier s’est délocalisé en Malaisie.

Et face à l’intensification de la guerre entre combattants houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, et l’Arabie saoudite, avec des bombardements sur Riyad, le rallye-raid Dakar 2027 se courra «exceptionnellement» au Maroc et non plus dans le désert saoudien.

Car les autorités de régulation, FIA (Fédération internationale de l’automobile) et FIM (motocyclisme), et la F1 et le MotoGP ne peuvent «pas annuler unilatéralement», au risque de lourdes conséquences financières pour des événements évalués chacun entre 50 et 100 millions de dollars, explique l’expert Jean-François Rebut, directeur adjoint du département Sports Événements chez Verspieren.

Pas d’assurance annulation 

FIA, FIM, F1 et MotoGP assurent pourtant que les courses auront bien lieu grâce à des «garanties élargies offertes à toutes les parties prenantes», comme l’a répété dimanche le MotoGP.

Il réagissait à la décision de Yamaha de «ne pas participer au Grand Prix du Qatar» la semaine prochaine. L’écurie a jugé trop risquée de «modifier les restrictions de déplacement» établies par le groupe industriel japonais, compte tenu «de la situation au Moyen-Orient».

En MotoGP, les pilotes sont vent debout contre le GP du Qatar. L’Australien Jack Miller de l’équipe Yamaha-Pramac a lancé dimanche qu’ils étaient «19 (sur 22) à ne pas vouloir s’y rendre».

En F1, le quadruple champion du monde néerlandais Max Verstappen (Red Bull), qui pèse financièrement très lourd, avait déjà dit fin septembre qu’en raison d’«une guerre à proximité (…) on ne devrait pas aller» dans le Golfe.

Car outre les assurances individuelles de milliers d’employés des écuries, il faudra aussi «mettre le prix» en «assurances dommages» pour les millions de dollars de matériel (pavillons des écuries, monoplaces, motos, pièces détachées, outillages) transporté par fret maritime ou aérien, préviennent les courtiers.

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