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[Cinéma] Sacha Baron Cohen ressuscite Ali G


(Photo : amazon prime video)

L’acteur britannique sort son personnage fétiche du placard et le confronte, façon caméra cachée, à une brochette d’innocents. L’occasion pour lui de multiplier les provocations, sur fond d’humour gras. 

Avec Ali G : Who Iz I?, Sacha Baron Cohen revient à la comédie de guérilla, le genre qui lui a valu une renommée mondiale. Mais cette fois, son personnage a été accueilli par des critiques. Ce film, qui marque aussi ses débuts en tant que réalisateur, ressuscite Ali G, né à la télévision britannique et héros de la série Da Ali G Show. Cet imposteur blanc, adepte de hip-hop et de reggae, avait conquis le public au début des années 2000 grâce à ses interviews de personnalités publiques, comme Donald Trump ou Buzz Aldrin.

Le faux documentaire, déjà sorti dans les cinémas américains et disponible sur Amazon Prime Video, notamment au Luxembourg, suit cet hurluberlu, amateur de tenues voyantes et de chaînes en or. Il tente d’obtenir une seconde chance à la télévision, car il a besoin d’argent parce que sa petite amie Julie (jouée par Morgana Robinson) est enceinte. Dans une tentative de montrer la polarisation actuelle, Baron Cohen interprète aussi son ennemi juré, le Dr Nira Cain-N’Degeocello, professeur tellement à gauche qu’il «fait passer Alexandria Ocasio-Cortez pour MAGA», et le colonel Morad, à l’extrême opposé. 

«Plus riche qu’Elon»

Mais pour certains, Ali G est avant tout un personnage coupable d’appropriation culturelle, totalement dépassé. «Le film comporte quelques rires isolés, mais il est lent et maladroit, et bien moins « pertinent » qu’il ne le croit», tacle le magazine Variety. «Le ressort comique d’Ali G était qu’il s’agissait d’un Blanc qui se donnait des airs de connaisseur sans rien y comprendre (…) Son aspect le plus drôle était celui de faire-valoir dans les émissions de débats», ajoute la publication.

J’ai ressuscité Ali G parce que c’est un dinosaure problématique!

Mais Sacha Baron Cohen assure comprendre que l’époque a changé. Selon lui, c’est précisément ce qui l’a inspiré à ressortir ce personnage du placard. «J’ai ressuscité Ali G parce que c’est un dinosaure problématique!», a déclaré l’acteur lors d’une conférence de presse. «Il me semblait que c’était le moment parfait pour ramener un personnage resté coincé dans les années 2000», a-t-il ajouté. «Je voulais montrer à quel point la société s’est polarisée.»

«Coldplay existe toujours…»

Il y a 20 ans, le Britannique a utilisé un autre personnage, le reporter kazakh Borat, pour réaliser un documentaire satirique sur la société américaine. Son travail a été comparé à celui de l’humoriste Nathan Fielder, dont le documentaire You Can See Everything, sur l’ex-star déchue des biotechnologies Elizabeth Holmes, fait actuellement des débuts remarqués au box-office américain. Sacha Baron Cohen l’a d’ailleurs salué et estimé que le comédien «a fait quelque chose de complètement différent».

(Photo : amazon prime video)

L’acteur de 55 ans est arrivé à l’avant-première de son film à Los Angeles, grimé en Ali G. Tout de jaune vêtu, de la tête aux pieds, il est descendu d’une décapotable aux côtés de Julie et a interprété une chanson où il se dit «plus riche qu’Elon» Musk, avec laquelle il tourne en dérision le patron de SpaceX, l’homme le plus riche du monde. Ali G a en outre déclaré que «le monde est parti en vrille». «Il y a des guerres, il y a le covid, les gens écoutent Ed Sheeran plus qu’avant. Coldplay existe toujours… C’est assez déprimant!»

Lors de sa conférence de presse, donnée cette semaine sans son costume, Sacha Baron Cohen a défendu la satire comme le format par excellence pour «provoquer des débats» de société. «On traverse un moment vraiment dangereux pour la société, où une poignée de milliardaires contrôlent l’information qui circule, et les sociétés, et les démocraties en particulier, reposent sur des faits partagés», a estimé l’acteur. «Nous glissons vers ces autocraties qui se nourrissent de mensonges partagés, et maintenant nous avons l’intelligence artificielle», a-t-il ajouté. «Qui décide quelles informations y sont introduites?»

Ali G : Who Iz I?, de Sacha Baron Cohen.
Amazon Prime Video.

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