Mettre au monde un enfant peut relever du parcours du combattant pour les couples qui ont des difficultés à concevoir. Et en plus de ce que cela implique d’un point de vue physique et psychologique, les difficultés peuvent aussi surgir d’un point de vue financier.
Quelque sept mois d’attente. C’est le délai estimé avant de pouvoir obtenir une première consultation au centre de PMA du CHL. Un laps de temps relativement long pour des couples qui arrivent là après avoir déjà traversé des déboires. Certains décident alors de se tourner vers l’étranger. Mais la situation ne se simplifie pas pour autant puisque, comme le relate Sven Clement dans une question parlementaire, le couple doit obtenir une autorisation préalable ou un formulaire S2 de la CNS. Sans ce sésame, le traitement dans une clinique étrangère ne sera pas remboursé. Une angoisse de plus pour les couples, car en cas de refus, ils doivent avancer les frais du traitement et espérer un remboursement, même partiel, de la CNS.
Plusieurs cliniques spécialisées dans ces traitements attirent l’attention de leurs patients sur le fait que la CNS a récemment refusé plusieurs demandes. Curieux de savoir comment la ministre de la Santé, Martine Deprez, pouvait expliquer cette situation, le député pirate lui a posé la question. Les chiffres qu’elle a fournis parlent d’eux-mêmes : la CNS a refusé 86 demandes de prise en charge de PMA à l’étranger en 2025, contre 16 un an plus tôt. Dans le même temps, 345 autorisations préalables ont été accordées.
Autre information fournie : le laboratoire de ce centre n’a plus été renforcé depuis 2019, alors que le nombre de ponctions est passé de 91 en 2005 à 720 en 2025. Et si le droit européen interdit de refuser une prise en charge à l’étranger lorsque le traitement ne peut être assuré au Luxembourg «dans un délai médicalement acceptable», la ministre ne fixe aucun seuil. D’après elle, la notion de délai acceptable est «extrêmement subjective» et chaque dossier est examiné au cas par cas. Les refus s’expliquent d’abord par des demandes introduites après le début du traitement. Viennent ensuite le non-respect des critères luxembourgeois, comme la limite d’âge de la femme, ou la possibilité d’un traitement au pays dans un délai raisonnable, précise Martine Deprez.
Le renfort de personnel au CHL reste prévu pour 2027-2028. D’ici là, les couples dont la demande est refusée et qui partent malgré tout devront supporter seuls les frais.