Ce samedi, l’Europe va encore regarder la France avec inquiétude. De nombreuses manifestations sont prévues sur l’ensemble du pays, mais surtout à Paris, capitale de toutes les crispations et colères. Et les lycéens ne seront pas les seuls à protester. Les Gilets jaunes feront leur grand retour. Ils battront le pavé et occuperont quelques ronds-points, ont-ils annoncé. Les agriculteurs seront présents aussi, tout comme les étudiants et bon nombre de Français protestant contre la hausse du coût de la vie, des taxes trop élevées et un avenir plus qu’incertain. La crainte de débordements est bien réelle et inquiète. Mais la France n’est plus la seule à subir les effets d’une situation économique de plus en plus complexe. La protestation lycéenne française avait commencé à faire tache d’huile en Belgique avec des revendications identiques. En Italie, vendredi, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans la péninsule pour protester, encore, contre l’envolée des prix. Des éruptions de colère secouent brièvement, pour l’instant, les différents pays de l’Union avec un point commun : des conditions de vie dégradées, une vie de plus en plus chère, des difficultés à boucler les fins de mois et surtout aucun signe d’espoir ou d’amélioration à l’horizon. Et un sentiment de partager les mêmes difficultés se dégage. Nous nous serions passés de ce type d’union.
La crise du pouvoir d’achat liée notamment à la crise énergétique est comme un étau qui se resserre lentement mais sûrement sur les sociétés européennes. Certaines craquent alors plus vite que d’autres. On pensait pourtant le plus dur derrière nous avec une inflation galopante qui a duré deux bonnes années après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Eh bien non. Un nouveau conflit déclenché par Trump et son allié israélien a replongé nos pays dans l’incertitude. Certes, la flambée des prix est un peu moins virulente qu’il y a quatre ans, mais nous n’avons presque pas eu le temps de souffler pour récupérer. Et surtout, après leur hausse amorcée en 2022, les prix ne sont plus jamais redescendus. Attention que le chaos économique ne se transforme pas en chaos social.