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Accusé d’avoir utilisé l’IA, Thélyson Orélien reste soutenu par son éditeur


(Photo : afp)

LITTÉRATURE L’éditeur québécois Boréal a annoncé maintenir en librairie le roman C’était ça ou mourir, affirmant ne pas pouvoir établir avec certitude un recours à l’IA pour son écriture.

Mardi, Thélyson Orélien s’est exprimé pour la première fois après trois semaines de silence, suite aux accusations selon lesquelles il a utilisé l’IA pour rédiger son premier roman, C’était ça ou mourir, l’un des best-sellers de la rentrée littéraire en France. «Aucune phrase de ce livre n’a été créée par une machine», affirme l’écrivain canado-haïtien. Déclenchée par les accusations du compte X Balance ton Claude, qui affirme avoir identifié un recours massif à l’IA dans le roman, l’affaire a secoué le monde de l’édition francophone et alimenté pendant des semaines les interrogations sur l’avenir du métier d’écrivain.

L’éditeur canadien Boréal a choisi de soutenir son auteur en l’absence de preuve formelle. Il «n’a pas à exiger des preuves de la part (des auteurs), mais doit se tenir à leurs côtés et c’est ce que nous faisons», explique-t-il dans un communiqué. «Nous aurions aimé pouvoir apporter des réponses définitives aux allégations qui le visent, mais outre sa parole, nous ne disposons pas, à ce jour, d’éléments nous permettant de retracer avec précision l’historique du manuscrit avant le 12 septembre 2025, date à laquelle il a été reçu par notre équipe», poursuit la maison d’édition.

«Bouc émissaire»

Thélyson Orélien dit avoir commencé à l’écrire «à l’automne 2017, sur un coin de table» au Québec, où il vit depuis 2010 après avoir quitté Haïti. «J’ai terminé un premier jet de ce texte en 2019», précise-t-il, sans toutefois apporter d’éléments pour l’étayer. «La critique est toujours légitime, mais les menaces, le lynchage médiatique et le harcèlement raciste que je subis depuis des semaines sont insoutenables», poursuit-t-il. Son éditeur estime qu’Orélien ne devait pas devenir «le bouc émissaire» des inquiétudes suscitées par l’IA. Malgré l’affaire, les ventes du roman ont continué à progresser, dépassant les 100 000 exemplaires.

L’écrivain a également admis avoir «commis des erreurs inacceptables» en reprenant, dans des textes publiés peu après son arrivée au Canada, des passages d’auteurs reconnus sans les attribuer, notamment une chronique publiée en 2013 qui était dans sa «quasi-totalité» une «traduction légèrement remaniée» d’un article diffusé quelques jours plus tôt par un journal philippin. Sur ce point, «le doute n’est pas permis», affirme Boréal, qui condamne «sans réserve» ces faits qui «heurtent (ses) valeurs les plus chères». C’était ça ou mourir a été écarté de la sélection du prix Goncourt. Le Renaudot l’a en revanche conservé parmi les neuf romans de sa deuxième sélection.

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