Le ministre Claude Meisch estime être en bonne voie pour atteindre l’objectif de garantir une place à chaque enfant dans une structure d’accueil. L’offre reste toutefois trop inégalement répartie.
La députée Francine Closener (LSAP) a pris l’initiative pour interpeller une nouvelle fois le ministre de l’Éducation nationale sur une promesse formulée dans l’accord de coalition 2023-2028 : «Le gouvernement s’engage à augmenter les capacités d’accueil dans les services d’éducation et d’accueil pour enfants (SEA) afin de garantir l’accès pour chaque enfant à l’horizon 2030».
Mercredi, à la tribune de la Chambre, l’élue socialiste rappelle qu’en automne 2025 de «bonnes avancées» avaient déjà pu être réalisées. «Vu l’importance du sujet, il m’a importé de revenir à la charge», souligne-t-elle. Malgré ce bilan intermédiaire positif, un déséquilibre persisterait sur le terrain : «Souvent, toute une série de places sont libres, mais pas dans les régions où le besoin est plus important. Les parents sont forcés de s’inscrire sur une liste d’attente».
Claude Meisch admet ce déséquilibre. «Avec une capacité d’accueil de 78 677 places, soit 1 916 de plus qu’en 2025, le Luxembourg dispose, à l’échelle nationale, d’une offre supérieure au nombre d’enfants susceptibles d’en bénéficier», constate le ministre.
Parmi les enfants non scolarisés, le taux de recours pointe à 79 %. Il monte à 82 % pour les enfants scolarisés. «Plus de 20 % de la capacité existante est donc toujours libre. Les différences régionales en termes d’offre et de demande restent toutefois une réalité», avance le ministre de l’Éducation nationale.
Le taux de recours a augmenté en moyenne de 8 % entre 2024 et 2026 : de 71 à 79 % pour la petite enfance et de 74 à 82 % pour les enfants scolarisés.
Au passage, Claude Meisch cible des élus qui clament que le gouvernement en place force les parents à déposer leur enfant en bas âge dans une crèche. «Parmi les 0 à 4 ans, le taux se limite à 55 %. L’argument avancée par certains politiciens ne tient donc pas la route», appuie-t-il. Par rapport à 2013, le temps passé par semaine et par enfant dans un structure d’accueil est resté stable à 28 heures.
D’importantes subventions de l’État
Le problème majeur demeure le manque de places dans les grandes agglomérations. Les communes jouent un rôle important pour continuer à augmenter l’offre, avec le soutien de la main publique.
À ce stade, 95 communes ou syndicats intercommunaux disposent d’une maison relais. L’objectif est de convaincre les dernières – le Luxembourg compte 100 communes – à également se lancer. «La clé est que le ministère sensibilise, informe et conseille les communes intéressées. Il existe aussi des d’importantes subventions», liste Claude Meisch.
Pour une structure conventionnée, l’État prend en charge 50 % des frais de construction, plafonnée à 15 000 euros par place d’accueil, et 75 % des frais de fonctionnement. Si une commune met à disposition une structure existante, jusqu’à 100 % des frais de fonctionnement sont pris en charge. À l’avenir, le loyer pourra aussi être subventionné», développe le ministre libérale.
Au-delà de la quantité, il importerait aussi de mise sur la qualité de l’accueil. En concertation avec le secteur, il est prévu de diversifier les profils qui peuvent intervenir dans une structure. «Il peut être bénéfique d’ouvrir la porte à d’autres personnes qualifiées, en complément aux éducateurs et éducatrices», note Claude Meisch. Une campagne de sensibilisation et de recrutement doit être lancé. Des cours spécifiques en luxembourgeois sont aussi proposés.
Un ensemble de mesures qui font dire au ministre d’être sur la bonne voie pour atteindre l’objectif d’une place pour tous en 2030, «voire un peu plus tôt».
Les différentes structures en bref
Au Luxembourg, les services d’éducation et d’accueil (SEA) regroupent plusieurs types de structures. Les crèches accueillent principalement les enfants non scolarisés, âgés de 0 à 4 ans. Les maisons relais et les foyers de jour prennent en charge les enfants scolarisés, généralement âgés de 4 à 12 ans, notamment avant et après les cours ainsi que pendant les vacances scolaires. Il existe des structures conventionnées, bénéficiant d’un financement direct de l’État, et des structures non conventionnées, qui fonctionnent selon un modèle de financement différent.
À cette offre s’ajoutent les mini-crèches, pouvant accueillir jusqu’à onze enfants simultanément, âgés de 0 à 12 ans, ainsi que l’assistance parentale, assurée au domicile de professionnels agréés.