Et voilà les étudiants qui s’y mettent maintenant. À Metz, les facultés ferment les unes après les autres pour protester contre les mauvaises conditions de travail, mais aussi les barrières mises en place pour s’inscrire en master, soit en bac+4. Le système français est devenu beaucoup plus sélectif malgré une réputation que certains aiment à répandre. Les anciennes générations qui sont passées par les bancs des universités françaises peuvent en témoigner. Il y a plus d’un quart de siècle maintenant, il suffisait de venir presque les mains dans les poches pour aller s’inscrire à la faculté. Bon, il fallait le bac, bien sûr, mais seules les grandes écoles, les instituts universitaires de technologie ou les classes préparatoires avaient institué concours et autres accès sur dossier. Tout a bien changé chez nos voisins. Maintenant, il faut d’abord s’inscrire sur la plateforme Parcoursup bien avant d’avoir son bac et dévoiler ses «vœux» concernant ses études supérieures. Et la sélection commence à cet instant. Tout le monde croise les doigts pour que ses premiers vœux soient bien retenus. Cette source de stress est aussi l’objet de la contestation lycéenne, car c’est comme si une «machine» sans âme allait décider de votre avenir en analysant vos résultats scolaires passés, vos notes au bac… Le trait est volontairement grossi, mais c’est un peu ce que ressentent les jeunes Français dont les rêves se fracassent parfois à cause de cette machine après les années de lycée.
Oui, le monde a changé et est devenu encore plus compétitif qu’à la fin des années 2000. Tout a empiré. Et nous ne parlons là que d’études. Pas du monde du travail, qui est également devenu, dans certains secteurs, une jungle où chaque salarié n’est qu’un élément destiné à être utilisé un maximum avant d’être jeté, car finalement bien moins compétitif qu’une intelligence artificielle. Les jeunes Français disent donc stop et ont été rejoints dans la rue ces dernières semaines par leurs camarades belges. Ils veulent travailler convenablement et ne pas ressentir des chaînes se resserrer sur eux et les tirer vers un avenir qu’ils n’ont pas choisi. Le combat est noble, mais son issue reste très incertaine.