Handball: sixième titre pour Berchem!
Des chants, des rires, des larmes et des bouteilles vides : Berchem a fêté comme il se doit un titre bien mérité
Cinq ans après son dernier sacre, et après deux cruelles désillusions les saisons précédentes, Berchem renoue avec le titre de champion. Tout simplement mérité...
De notre journaliste Charles Michel
Berchem a vaincu la malédiction. Celle qui l'a vu les deux saisons précédentes se prendre les pieds dans un tapis rouge qu'on lui avait déroulé sans doute un peu trop vite. Berchem a appris de ses erreurs, de ses relâchements coupables qui lui avaient coûté la bagatelle de deux titres de champion. La perspective d'en voir un troisième lui passant sous le nez hantait tout un groupe. Ou presque. «Je n'étais pas là la saison dernière mais c'est vrai que ces trois dernières semaines furent très éprouvantes psychologiquement, confie Dany Scholten. En fait, c'est la saison la plus éprouvante que j'ai connue.»
Depuis trois semaines, Berchem tourne à un rythme d'une finale par week-end. «Bien que leader, on savait que le moindre faux pas pouvait nous faire perdre le titre. Et on a vu que dans les moments décisifs, comme face à Dudelange ou à Oberkorn, on a toujours sorti de grands matches», explique Tom Majerus dont c'est le sixième titre au compteur. «Oui, mais j'ai dû en perdre autant...», lâche celui dont les 34 piges n'altèrent en rien sa motivation. «Je vais continuer encore une saison et après on verra...» Histoire de réaliser la passe de sept avec son frangin, Mike, impressionnant de régularité. Scholten : «Ce qu'il fait, c'est tout simplement incroyable. Là encore, en fin de match, il te sort de ces arrêts, c'est dingue!» Son sixième sacre, Berchem le doit en (grande) partie à son portier. Constant et décisif, auteur samedi d'arrêts déterminants empêchant Esch de revenir dans le dernier quart d'heure, Mike Majerus est un véritable monument. Porté en triomphe en fin de rencontre, l'international n'a tout simplement pas d'équivalent au Grand-Duché.
«Tout le monde joue, tout le monde marque»
Si la saison 2010/2011 fut sans doute la plus disputée de l'histoire avec pas moins de cinq candidats au titre de champion, et que chacun s'accorde à dire que «tout le monde pouvait battre tout le monde», il n'en est pas moins séduisant que Berchem, équipe sans trop d'individualités mais au jeu parfaitement huilé, décroche les lauriers. Plutôt que de miser sur un ou deux «serial shooters» et prendre ainsi le risque d'en dépendre, le club a préféré construire un groupe homogène, renforcé par les arrivées d'individus talentueux capables de se fondre dans le collectif. Pour s'en convaincre, il suffit de voir l'apport et l'influence d'un Bjoern Gerber dont la qualité première n'est pas de marquer mais de faire marquer. Berchem ou l'éloge d'un jeu en perpétuel mouvement. «On n'a peut-être pas de vrai buteur, reconnaît Geoffroy Guillaume, le préposé aux penalties. Mais on a un groupe plus étoffé où tout le monde joue, tout le monde marque.»
La maison berchemoise ne repose pas sur du sable mais sur quatre pilotis avec les frères Majerus, Malano et Engleitner. À Crauthem, pour y entrer, il ne suffit pas d'être talentueux, faut-il encore correspondre à une certaine philosophie. Pour cela, les dirigeants ne s'arrêtent pas uniquement aux exploits numérisés des différents prétendants mais vont plus loin. Par souci du choix juste. Par souci de préserver leur identité. Sorte de petit village aux allures de forteresse où il est tout aussi difficile d'entrer que de sortir (mais pas pour les mêmes raisons...), Berchem est un club à part dans le paysage grand-ducal. Et c'est aussi pour cette raison qu'il fait un beau champion.
«Ce titre, on le mérite!»
Eugen Pascutoi (Berchem) : «Je suis content que nous l'ayons fait au bout de la troisième tentative. On peut dire enfin! C'est un grand soulagement. Ça fait du bien après deux années frustrantes.»
Tom Majerus (Berchem) : «C'était dur. Je suis très content que Marco (Engleitner) ait marqué deux buts pour son dernier match.»
Mike Majerus (Berchem) : «Je suis tout simplement heureux! Enfin champions!»
Sven Gauthier (Berchem) : «Les émotions sont difficiles à exprimer. C'était un match difficile comme prévu. Malgré les blessés, Esch a fait un très bon match. Nous, nous avons su rester concentrés. »
Cedric Stein (Berchem) : «Tellement content. On a tout fait cette saison pour être champion. C'était le bon moment. Un grand merci aux supporters.»
Geoffroy Guillaume (Berchem) : «L'année dernière, j'étais doublement frustré : non seulement on perd le titre, mais en plus je me fais péter le nez au bout de deux minutes lors de la "finale" contre Esch. Cette fois, le titre est mérité.»
Sven Schleich (Berchem) : «Un grand, grand merci à nos formidables supporters.»
Vladimir Sarac (Berchem) : «Sur toute la saison, on mérite ce titre. On a su gérer des moments difficiles. Notre constance a fini par payer.»
Eric Schroeder (Esch) : «On a fait de notre mieux pour terminer correctement la saison malgré nos résultats des dernières semaines. On a montré notre jeu.»
Max Kohl (Esch) : «Berchem a vraiment un beau jeu et mérite ce titre.»
Sacha Pulli (Esch) : «Il y a eu trop de matches où nous n'avons pas été à la hauteur. Heureusement que l'on a remporté la Coupe de Luxembourg.»
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